La tentation du présent, fantaisie historique autour de Mai 68

Auteur invité - 15.05.2018

Livre - Mai 68 roman - fantaisie histoire revolution - revolution mai 68


Savez-vous pourquoi Mai 1968 n’a pas débouché sur une révolution sanglante ? C’est parce qu’Armand s’est jeté sous un métro à la station Invalides. Qui est Armand ? Un jeune homme solitaire, doutant de lui-même, assistant démonstrateur au Palais de la découverte. Mais en quoi le suicide de cet inconnu peut-il bien avoir changé l’Histoire ? Tout simplement parce que la station de métro Invalides recèle un secret. Un secret pour remonter le temps. Oh, d’une journée, pas plus ! Mais lorsque tout va très vite, une journée peut valoir une éternité. Elle peut sauver la vie d’un jeune homme suicidaire… ou empêcher une guerre civile !

 

 

Jouer avec le temps, ne serait-ce que de vingt-quatre heures, n’est toutefois pas un badinage. C’est un jeu dangereux. S’il peut être salvateur, il peut être mortifère. Hippolyte, le vieux clochard digne, et Phileas, son chien aveugle, le savent bien qui vont guider Armand dans les aléas d’une chronologie devenue bégayante…

 

L’auteur nous entraîne tout d’abord dans la banalité de la vie quotidienne d’Armand en 1968 : celle de son immeuble, au flanc de la Montagne Sainte-Geneviève, de son rôle effacé et soumis dans un Palais de la découverte engoncé dans ses habitudes. Pour le jeune homme, la tentation est grande d’utiliser son nouveau pouvoir pour pimenter quelque peu cette vie de tous les jours. Pourquoi ne pas s’offrir un matin une voiture de luxe ? Et le soir un dîner de gala dans un grand restaurant ? Qu’importe le découvert bancaire puisqu’il suffira de revenir d’une journée en arrière pour effacer celui-ci !
 

C’est là toutefois que les choses se compliquent. Devenir subitement riche, au vu et au su de tous, présente des inconvénients insoupçonnés qui lui font finalement préférer revenir à une vie plus discrète.
 

Et la vie discrète de son immeuble, justement, – avec ses rumeurs de voisinage, ses petits secrets pieusement enfouis dans un silence entendu, sans compter les espiègleries du cancre doué qu’est le petit Juan, le fils de Madame Perez, la concierge espagnole – va se transformer au gré de ses jongleries temporelles.

La tentation est grande de toujours rejouer le présent. Mais Armand apprend qu’il convient de manipuler son pouvoir avec un peu de prudence…

 

Cette prudence, il va pourtant l’oublier aussitôt lorsque, subitement, en ce mois de mai, la rue s’échauffe dans le Quartier latin. Non qu’il soit politiquement engagé. Il est aussi surpris que tout Français moyen et ne comprend guère ce qui se passe. Seulement, dans la foule des manifestants, bientôt devenus émeutiers puis révolutionnaires, il y a une lycéenne d’autant plus enragée dans ses convictions que celles-ci vont s’avérer bien mouvantes, fragile pasionaria auprès de laquelle Armand va trouver l’amour…

La jalousie aussi, car cette fille de diplomate américain en rupture de ban familial s’est entichée d’un certain rouquin franco-allemand qui défraye fort la chronique en ces journées de mai. Pour l’en détacher, rien de tel que le secret de la station Invalides… quitte à tâtonner quelque peu dans les aller-retours du temps.
 

Ce printemps 68 va décidément profiter à Armand ! Tandis que l’amour le force à sortir de lui-même, le vent de mai, en dépoussiérant brusquement les traditions du Palais de la découverte, va lui révéler – malgré lui – ses talents pédagogiques.

 

Mais ce printemps est aussi le dernier de son père mourant, officier de marine qui, de sa demeure des îles d’Hyères, lance appel sur appel à un fils ayant rompu tout lien avec un homme qu’il tient pour responsable du suicide de sa mère. De tergiversations en faux-fuyants, Armand se résout pourtant à se lancer dans la traversée d’une France sans trains, sans avions et sans essence pour recueillir in extremis l’ultime confession de l’agonisant….
 

Or les révélations de cet homme qu’il a trop vite jugé vont non seulement le bouleverser mais faire de lui un acteur de l’Histoire.

 

Soudain plongé dans le monde des officiers des années soixante, encore traumatisé par la récente guerre d’Algérie, le jeune homme hésitant et falot jusque-là témoin d’évènements qui lui échappent, uniquement guidé par la passion de l’amour, comprend soudain que lui seul a le pouvoir d’empêcher le sang de couler dans les rues de Paris.
 

29 mai 1968. Le Général a disparu. Le pouvoir est flottant. On a rappelé des troupes près de la capitale. Un colonel nostalgique du putsch des généraux, trouve là l’occasion de mettre fin par la force au règne du vieil homme abhorré aussi bien qu’à la chienlit qu’il a dénoncé.
 

Les manifestations dégénèrent. On pille l’Elysée. Les chars roulent dans Paris. On tire.
 

Mais c’est compter sans l’intervention d’Armand.

 

Le Général, de retour, fait finalement le discours du 30 mai dont se souvient l’Histoire. Les urnes prennent la relève des barricades. La fièvre révolutionnaire s’apaise. La révolution de mai est terminée, et avec elle les jeux d’Armand avec le temps. Voudrait-il jouer d’ailleurs qu’il ne le pourrait plus, car de prosaïques travaux de voirie emportent bientôt le secret du métro Invalides…

 

Il ne risquera donc pas, l’année suivante, d’empêcher Neil Armstrong de faire ses premiers pas sur la Lune. Et c’est heureux, car ceux-ci vont inopinément rapprocher sur Terre deux jeunes gens que séparent pourtant des milliers de kilomètres. Il aura fallu une révolution pour révéler Armand à lui-même. Il lui aura fallu Apollo XI pour retrouver un amour impossible.

 

Avec La Tentation du Présent, Patrick F.Cavenair nous livre un roman pétillant, où le mystère vient mitiger le réalisme et la brutalité des événements.
 

Au fil du texte, même lorsqu’elle devient tragédie, la vie d’un halo d’humour quelque peu britannique. Peut-être le passage de l’excentrique Anglais conducteur de Bentley, précautionneusement muni de jerricans d’essence et de bouteilles de whisky pour traverser la France en révolution, y est-il pour quelque chose ?

 

Patrice Amarger

 

 

Patrick F. Cavenair - La tentation du présent - Editions Marivole - 9782365754361 - 20 € (diffusion Sofédis - distribution Sodis )


Commentaires

A voir: Conférence vidéo non-commémorative de Jacques Cheminade sur Mai 68 et l'erreur fondamentale qui s'y est glissée.



https://www.youtube.com/wat...



Citation:

"On n'est pas ici pour commémorer mai 68. Les commémorations sont un cimetière, et le 'c'était mieux avant' - de droite comme de gauche -, c'est un égarement imbécile parmi les tombes.



Alors, pourquoi se pencher sur mai 68? Et bien parce que si un individu tombe

malade, il a besoin d'un bon médecin qui l'invite à travailler sur son histoire (particulièrement s'il est dans un état de dépression) afin qu'il puisse construire un récit qui lui permette de se projeter vers l'avenir. C'est la même chose pour une nation: quand elle est malade, elle doit travailler sur son histoire pour être capable de guérir et de se projeter vers l'avenir".
A lire de toute urgence ! Patrick F. Cavenair révèle que Mai 68 a consacré l'urgence du présent. Une oeuvre accomplie qui mêle la science-fiction, la romance, le psychologique et le roman historique.

Ce livre nous fait découvrir mai 68 par la vie

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