Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

La tête ailleurs : une année avec Nicolas Bedos

Xavier S. Thomann - 21.11.2013

Livre - Nicolas Bedos - Mythomane - Branchés


Après deux journaux de chroniques mythomanes, Nicolas Bedos nous revient cette fois-ci avec un vrai récit. Celui de sa vie certes, mais un récit tout de même. Et ceux qui se diront « qu'est-ce qu'on en a à faire de la vie de ce mec ? » auront tort de ne pas lire La Tête ailleurs (Robert Laffont), un livre bien mené qui nous propose de revivre ces derniers mois sous un regard acide et drôle. 

 

On sait tous que les mois en question n'ont pas été parmi les plus réjouissants. À défaut de s'en rendre compte soi-même, les média nous le rappellent. Alors comme pour exorciser la déprime collective (tendance reflétée pas beaucoup de romans récents), on peut aller faire quelques pas dans les souliers de Nicolas. Il le dit lui-même : « Je t'invite à passer une année sous mon toit ». 

 

Qu'y a-t-il donc sous ce toit ? Une belle blonde (ce qui en soi est amplement suffisant), deux MacBook, un piano droit et un scooter nous explique-t-il, singeant nos ministres dévoilant leur patrimoine. Il y aussi un regard lucide et mordant sur le Tout-Paris, les bobos, les branchés, les cathos intégristes, les Abdellatif Kechiche, les Madame Bernard Tapie et autres. Forcément, un bref florilège s'impose. 

 

Mariage pour tous

 

« Toute ma famille s'engueule sur le mariage pour tous, mais personne n'évoque jamais le mariage pour moi. »

 

Hollande et le Mali

 

« Le téton des sondages s'est bêtement mis à pointer dès que Hollande a enfilé un treillis au Mali. Dès lors, la rumeur se propage : “Flamby le Mou” nous en cachait une grosse bien dure. »

 

Les branchés

 

« Les branchés sont des beaufs. Et pour preuve : ils font tous la même chose. (...) L'été, les beaufs vont tous en boîte à Cannes. Les “branchés” aussi, mais au printemps. » 

 

En d'autres termes, de l'art d'être sérieux sans en avoir l'air. Mine de rien, on se rend compte que Bedos, sous ses airs de méchant comique, est en réalité un grand pessimiste, qui conte à sa façon le déclin de la presse papier et tout ce qui ne tourne pas rond en 2013. Finalement, on retrouve le chroniqueur de Giesbert, mais avec une dose de profondeur en plus. Comme si Martin Amis avait pris la direction d'iTele.