La Thair est bleue comme une orange — ou du moins, elle le fut...

Florent D. - 04.02.2020

Livre - Jean Luc Marcastel - Thair Renaissance roman - apocalypse humanité survie


FANTASY FRANCOPHONE – Les humains ont cette vilaine caractéristique qu’en dépit d’une apocalypse, ils s’échinent à survivre. C’est agaçant quand on incarne une force maléfique, décidée à éradiquer sauvagement cette espèce. Tout avait pourtant bien commencé : des ténèbres de mille ans, après un massacre méthodique… mais non !


 

Terrée durant 1500 ans sous la surface du globe, la population survivante au cataclysme s’est adaptée. Cette période, le Nocturnage, a suivi l’Anthir, cette calamité orchestrée par Arkhen. Une créature qui devait nous en vouloir méchamment, pour avoir déclenché une bombe d’antimatière sur la planète, devenue Anthir — l’anti-Thair.

Plongée dans une nuit infinie, doublée par une chasse à l’homme que menèrent les nodes, l’humanité vivait recluse — et à l’image de l’araignée du même nom, ne sortait pas. Le « fléau d’Arkhen », tombé de la Lune, avait échaudé les troupes : pas question de remonter à la surface. De toute manière, elle était littéralement anéantie. 

Pourtant, de cette période, naquirent de nouvelles générations, qui apprirent la résistance, et durent s’adapter à un environnement hostile. Rien n’arrête la magie de la vie — quand bien même celle-ci est hautement quantifiable. 

Sur le territoire d’Avarnia, où nous embarque ce premier tome, une forme de société féodale, associée à un matriarcat puissant — et doté d’une technologie étonnante — s’est mise en place. Dans chaque Thoil, règne la Castalaïna, qui préside à la destinée de tout un peuple. Celui des descendants des rescapés. 

Certains ont entendu parler de la Malpeste, ces dernières heures de l’humanité comme nous avons pu la connaître. Des légendes grossies, loin de l’horreur de la réalité.

Or, ça tombe bien : Arkhen a décidé de remettre son entreprise d’éradication sur le métier. Faïra sera la prochaine Catalaïna, ainsi en a-t-il été décidé. Et la voici à lutter pour survivre, alors que les hordes de nodes – monstres tout d’horreur pétris – se ruent sur le monde. Pendant ce temps, Yaïn, amoureux transi de sa sirenaïre, prendra les armes lui aussi. L’avenir pourrait bien compter les humains aux abonnés absents…

Et ne vous fiez pas à la couverture : les nodes sont plus mortifères encore.


Thair, ActuaLitté vous en a amplement parlé, parce que Jean-Luc Marcastel nous a offert de plonger dans le background de son univers. À travers quelques extraits totalement inédits, il était donné de s’aventurer dans quelques endroits de ce monde étonnant, complexe — où l’espoir est une denrée rare.

Alors, oui, dès les premières pages du roman, on entendrait presque la voix esquintée de Thiefaine : « Sous les rayons factices d’un soleil terminal, après un vol obscur troublé de turbulences, ta carlingue fatiguée est en approche finale… » Et si le chanteur carolomacériens le permet, le calembour vient aisément : « Thair, Thair, Thair, dans quel état t’erres… »
 
Le premier volume du diptyque Thair déroule un univers complet, structuré, éminemment crédible, dans ses petits détails. Et les amateurs de Dune souriront de quelques passages qu’on jurerait inspirés des romans d’Herbert. Peut-être quelque chose du Bene Gesserit, ou de la lignée des Atréides, dans sa plus lointaine descendance. 

Mais Thair n’a rien de plus en commun – Marcastel a simplement l’honnêteté de nous parler en préface de son admiration pour Dune, éminemment compréhensible au demeurant.

Ici, deux récits se chevauchent, deux destins liés à la fin du monde, chacun œuvrant pour reculer l’échéance qui semble inéluctable. Chaque personnage en proie à des sacrifices qui heurtent et fracassent leurs éducations, leur existence, leur être tout entier. Toutes proportions gardées bien entendu.

Alors, rapidement, le lecteur est d’autant plus fasciné par Faïra, et le poids des responsabilités qui l’écrase, la force désarmante avec laquelle elle affronte l’adversité — et les créatures d’Arkhen, venue achever le travail. 

Thair est une aventure, une épopée fantastique, qui tient dans une temporalité double — du fait des deux protagonistes que l’on suit. Une ode au courage et à la survie. Un premier roman qui ouvre les portes d’une cosmogonie effrayante. Autant qu’haletante.

Jean-Luc Marcastel – Thair Tome 1 ; Renaissance – Leha Editions – 9791097270421 – 19 €


Commentaires
EXTERMINATE!



Franco-Belge + Tome 1 ça m’inquiète toujours ; généralement faut ronger son frein longtemps pour avoir la suite (en plus ce tome 1 à un auteur et 384 pages (très bien pour son prix) mais on risque bien de devoirs attendre 3 ans pour la suite shut eye )



Je suis tombé sur une vidéo qui "vendait" Bolchoi Arena, ça à l'air bien mais 1½ ans c'est beaucoup (et je parle pas d'Il faut flinguer Ramirez) pour juste 2 tomes downer



Je vais garder en "mémoire" pour quand sortira le T2 (espérons une saga courte).
Oups vient de voir que c'est pas une BD raspberry
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