La traînée : Gulgune, femme d'Istanbul

Mimiche - 26.09.2016

Livre - Istanbul - Littérature turque - femme


Dans un des quartiers d’Istanbul, Gulgune promène ses vingt ans qui font retourner bien des regards dans les rues quand elle passe, allant et revenant faire les courses pour sa mère adoptive.

 

Cette dernière est bien loin de la traiter comme sa fille véritable mais plutôt comme une servante qui ne lui coûte pas aussi cher que ces employées de certaines maisons voisines qui ont des horaires bien précis, des pauses, des congés, un salaire.

 

Gulgune, elle, du matin au soir, est corvéable à merci, n’est bien sûr pas payée, ne s’assoie pas à table avec des hôtes et ne bénéficie d’aucune considération quand elle n’est pas simplement rabrouée par sa mère ou son frère adoptif lesquels ne supportent ni ses tentatives d’indépendance, ni ses codes vestimentaires et tentent pas tous les moyens de la rabaisser.

 

Mais ce n’est pas suffisant pour briser les rêves de Gulgune qui n’a d’yeux que pour les canons occidentaux, qui fleurissent dan les magazines.

 

Quelques rêves de liberté dans un milieu qui n’est pas enclin à l’autoriser de la prendre ou seulement de l’espérer.



Au regard des contraintes vestimentaires que le Moyen Orient semble généraliser aujourd’hui, Gulgune apparaît comme extrêmement moderne dans un livre écrit au début des années cinquante.

 

Ceci est d’autant plus étonnant que l’ambiance générale de l’histoire est confite dans un conformisme ethnique et social qui, lui, paraît bien "d’époque" même si je n’ai pas beaucoup de points de repère pour considérer si, oui ou non, les choses ont, depuis, profondément évolué.

 

C’est certainement l’un des seuls attraits que j’ai pu trouver à ce livre : une peinture d’une période, d’un milieu, d’une ambiance dont je ne peux pas dire que le micro-séjour fait à Istanbul il y a quelques années, a pu me permettre d’appréhender une culture et une civilisation autrement inconnue.

 

Et même de ce point de vue là, la photographie qui en ressort n’est pas de nature à éclairer ce que la quatrième de couverture pouvait laisser espérer : le voisinage de Turcs, d’Arméniens et de Juifs est quand même peint de manière minimaliste.

 

Au delà de cela, je n’ai pas apprécié le texte ni l’écriture.

 

Impossible, s’agissant d’une traduction, de déterminer si c’est le texte originel qui serait assez plat, assez peu enthousiasmant, assez peu enlevé ou s’il y a eu une perte au niveau de la traduction.

 

Toujours est-il que cette dernière a aussi contribué à un certain malaise du fait de cette ostentation à maintenir, dans le texte, pléthore de mots arméniens dont nombre d’entre eux bénéficient d’une traduction simple, évidente, et claire, fournie dans un lexique en annexe au roman. Pour moi, cela alourdit une lecture qui n’en avait pourtant pas besoin.

 

Quant à la trame du roman, le sort dévolu à Gulgune manque de consistance dans son aboutissement à moins qu’il faille y voir un avenir prophétique pour les femmes mais le propos finalement assez léger du roman ne me permet pas de penser que cette vision plus politique de la société soit l’ambition de l’auteur.

 

Si c’était le cas le cas, alors je n’ai rien compris.

 

Si je n’ai rien compris, alors cela devait manquer de carté.

 

Du coup, je n’ai pas aimé.

 

 

 

 


Pour approfondir

Editeur : Metispresses
Genre : litterature...
Total pages : 264
Traducteur : hervé georgelin
ISBN : 9782940563029

La traînée

de Biberian, Zaven(Auteur) Hervé Georgelin(Traducteur)

Gulgune, la jolie fille adoptive d'Osman bey a vingt ans. Elle vit à Moda sur la rive asiatique d'Istanbul. Elle a envie de vivre, d'aller au cinéma, d'être regardée, d'être aimée, de devenir quelqu'un et d'être heureuse. D'atteindre enfin à l'existence rêvée, celle qu'étalent les magazines de mode, le cinéma, la publicité. L'Amérique ne semble pas si lointaine.

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