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La Veille de presque tout, de Víctor del Árbol : dans la valse des époques

Auteur invité - 10.07.2017

Livre - histoires Espagne guerre - Víctor del Árbol roman - Espagne Argentine détresse


Si vous ouvrez pour la première fois un roman de del Árbol, sachez qu’il faudra l’aborder avec de la patience, celle qui est indispensable pour dénouer un écheveau d’histoires entremêlées, de va-et-vient dans les époques et les pays.


Ses récits ne s’avalent pas d’une traite, non, il faut les savourer, se couler dans des couches épaisses et multiples, saisir ce qui relie les êtres par-delà les années écoulées pour voir se révéler en n une conclusion jamais vraiment libératrice. 



 

Del Árbol sait que si l’histoire se construit avec des héros, souvent de pacotille, et des fantômes qui les secondent, hommes, femmes, enfants, elle recèle aussi sa part d’ombre amère. Nimbés d’une infinie tristesse leur donnant une silhouette lourde à traîner, les personnages de del Árbol souffrent.

Ce sont des taiseux qui n’arrivent pas à se libérer de leurs cauchemars. Violences, jalousies, passions et mensonges constituent le suc de ces vies déployées peu à peu sous nos yeux. Les temps et les lieux s’entrechoquent et se cognent tout au long de chapitres qui, cependant, n’égarent jamais le lecteur. 
 

Les blessures de famille restées béantes à cause de silences ravageurs finissent par suppurer haine et vengeance. Elles ne guérissent jamais et se transmettent, sans rédemption possible, donnant lieu à de douloureuses quêtes de vérité. 
 

Víctor del Árbol : Histoire et conséquences


Ce nouveau roman, La Veille de presque tout, est plus ramassé que les précédents, mais a toujours comme base cette valse des époques que del Árbol manie d’une main de maître. 
 

L’inspecteur Ibarra s’est rendu célèbre en découvrant un tueur pédophile, trop tard cependant. Malgré ce demi-succès incontestable, il est rongé par un mal-être qui l’entraîne dans une soûlerie nocturne quotidienne et solitaire : il n’ose plus affronter le drame quotidien qui se joue sous son propre toit et en est pétri de remords.
 

[Extraits] La veille de presque tout de Victor Del Arbol  


Par-delà sa propre détresse, il devra pourtant affronter le vent des rumeurs qui tourne en sa défaveur et essayer de résoudre une disparition qui emportera à nouveau le lecteur, en Espagne et en Argentine, vers de multiples histoires individuelles. 

 

Laurence Grivot,
Au Moulin des Lettres (Épinal) 

 

en partenariat avec le réseau Initiales


 


Victor del Arbol - La veille de presque tout - Actes Sud - Coll. Actes Noirs - 9782330072667 - 22.50€