Lady Scarface de Diane Ducret : être Madame Capone durant la prohibition

Audrey Le Roy - 20.06.2016

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Ne nous en cachons pas, les histoires de gangsters nous fascinent ! Les films retraçant leurs histoires sont légion, et bien souvent des succès (Scarface de Brian De Palma en 1983, Les Incorruptibles du même réalisateur en 1987, Public Enemies de Michael Mann en 2009, et bien d’autres… beaucoup d’autres). Si nous trouvons des gangsters célèbres dans de nombreux pays, ceux qui captent notre attention sont, il faut bien l’avouer, les gangsters américains issus de l’immigration italienne et irlandaise. Ils font partie intégrante de l’histoire, de la construction, de ce pays.

 

 


Et bien sûr le plus important d’entre eux n’est autre qu’Alphonse Gabriel Capone, dit Al Capone et surnommé Scarface à cause d’une cicatrice qu’il porte au visage. Beaucoup de choses ont été dites sur ces grands gangsters, moins sur les femmes qui les accompagnaient. C’est ce à quoi s’attelle Diane Ducret dans son nouveau livre publié chez Perrin et intitulé Lady Scarface – Dans l’intimité des fiancées de la poudre du Chicago d’Al Capone à Hollywood

 

Le ton est donné, notre héroïne sera Mae Capone, née Mary Joséphine Coughlin, le 11 avril 1897 à New York. Elle est… irlandaise ! Ça n’empêchera pas Capone de tomber amoureux et de l’épouser à une époque où « les mariages interethniques sont rares […], encore plus entre deux nationalités rivales. » Débute alors pour la douce et discrète Mae une vie pleine de voyages et de luxe, mais avec l’angoisse régulièrement chevillée au cœur. Et c’est là tout le paradoxe, cette femme mariée au plus grand des gangsters, est en définitive la plus douce des « fiancées de la poudre. »


Car contrairement aux autres femmes dont il est question dans ce livre, comme Ana et Minna Everleigh, les sœurs tenancières ; Margaret Collins, « la Fille au baiser mortel » ; Billie, fiancée de Dillinger ou encore la bien connue Bonnie Parker, Mae n’est pas femme à se jeter à la tête des hommes et ne vend pas son corps pour de l’or ou des fourrures.


Différemment à ces femmes qui se lancent dans l’aventure mafieuse pour fuir une condition féminine qui ne leur sied guère, Mae, elle, n’est jamais aussi bien que quand elle s’occupe de son fils ou des autres enfants de la famille, « elle a tout ce qu’une femme peut souhaiter, mais c’est ici, expliquant le monde aux enfants, qu’elle est pleinement épanouie. » Mae apparaît comme une femme simple et qui supportera les frasques de son mari et les nuits blanches liées à l’angoisse par amour. Quel a été son rôle auprès de Capone ? Aurait-il été pire s’il ne l’avait pas rencontré ? Ce qui est sûr, c’est qu’il n’aurait pas été meilleur. 

 

Diane Ducret nous livre ici une enquête très fouillée sur ces femmes de mafieux. Nous devinons un travail de recherche faramineux parmi, comme elle le dit « les archives déclassifiées du FBI, d’Alcatraz, des journaux de l’époque, ainsi que d’entretiens avec des descendants et de documents inédits ». 

 

Un livre passionnant qui, entre règlements de comptes, prohibition, corruption et arrestations, nous dépeint en fait les débuts de l’émancipation de la femme. Une histoire de femmes qui décident de devenir libres même si pour cela elles doivent se servir de leurs charmes.


Si nombre d’entre elles ont terminé veuves, voire plusieurs fois, si certaines sont mortes les armes à la main, à l’image de Bonnie, la plupart ont finalement fini par se ranger. Certaines ont ouvert des clubs de lecture, une autre un magasin de jouets et beaucoup sont décédées à des âges avancés… pour ne parler que de Mae, elle décédera quarante ans après Capone, dans une maison de retraite en Floride à l’âge de… 89 ans ! 

 

Elle avait pris de longue date la décision de ne pas être inhumée avec son gangster de mari, « peut-être par volonté de se libérer de son emprise et d’oublier le passé […]. L’éternité se passera sans lui. »

 

Découvrir un extrait de Lady Scarface


Pour approfondir

Editeur : Perrin
Genre : biographies...
Total pages : 415
Traducteur :
ISBN : 9782262064297

Lady Scarface

de Diane Ducret

Elles sont meurtirères, frondeuses, séductrices, esprits rebelles et libres, elles ont choisi d'être des Lady Scarface, à la vie à la mort... De la naissance des bordels de Chicago à celle d'Hollywood, Diane Ducret nous plonge dans l'intimité des " fiancées de la poudre ", les femmes du clan d'Al Capone et autres gangsters qui ont fait trembler le monde. Elles s'appellent Mae alias " Madame Capone ", Ada et Mina Everleigh, les " Impératrices du vice ", Margaret Collins, " la fille au baiser mortel ", Louise Rolfe, " L'alibi Blonde ", Thelma Todd, " la fiancée de la poudre ", Virginia Hill, " la sulfateuse " ou Bonnie Parker, " la Juliette au revolver " : elles sont les compagnes d'infortune comme de gloire, de whisky et de fêtes interminables d'Al Capone, Bugsy Siegel, Lucky Luciano... Traquées par le patron du FBI J. Edgar Hoover, muses de la prohibition, elles n'ont rien à envier aux hommes en matière de crime, les talons haut en prime. Avec le brio qui la caractérise, Diane Ducret raconte autant d'histoires qui font l'histoire du crime, abordant toujours l'univers du crime dans la lignée de son best-seller "Femmes de Dictateur".

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