Le barrage assassin : en déséquilibres

Auteur invité - 25.07.2019

Livre - La crue barrage - indiens Ojibwés - civilisation indienne colonisation


ROMAN ETRANGER - L’eau est le nerf de la guerre, et la terre témoigne d’une archéologie ancestrale engloutie par les eaux impies du Barrage d’Amy Hassinger, qui profanent les sépultures des morts de la tribu indienne des Ojibwés. Volées leurs terres ! Décimé leur peuple !
 
 
 
 
Culture millénaire, elle est devenue peau de chagrin. Et les rancœurs demeurent, grandissent ou pourrissent au fil du temps et au rythme des affronts que l’homme blanc s’applique à dispenser sans compter du haut de sa morgue venue des terres lointaines.
 
Et ne pensez pas aux grotesques représentations hollywoodiennes connues sous cette fallacieuse appellation : les cow-boys et les Indiens. La spoliation et son pendant, le massacre, voire l’extinction systématique, planifiée, des ethnies indiennes qui peuplaient ces terres avec sagesse, respect et l’idée inscrite dans leurs gènes qu’ils n’étaient que de passage et que ce monde (comme un rite de passage) appartenait à leurs enfants.
 
Aucun titre de propriété revendiqué, mais bien une responsabilité à l’égard des générations futures qui hériteront des vastes espaces tant chéris et prêtés par le Grand esprit.
 
Cette saga familiale se déroule autour de la ferme de la grand-mère, figure de l’ancienne génération, au seuil de la mort. La ferme, bâtisse construite sur des terres ojibwées, est le catalyseur des rancœurs des uns et des autres, et révèle l’idéalisme de certains et la réticence des autres qui tiennent à l’héritage. Elle cristallise aussi les souvenirs d’enfance de Rachel, implicitement mandatée par son père afin de sonder les projets de sa grand-mère.
 
Elle partira de nuit avec son bébé et contre l’avis de son homme. Elle y retrouvera Diane, Indienne ojibwée, au service de mamie depuis tant d’années. Mamie qui évoque le désir de léguer la ferme à Diane. Et celle-ci ne cache pas sa volonté d’en reprendre la propriété. Tensions et non-dits. Gênes et retrouvailles chaotiques et maladroites. Tout un passé resurgit pour chacun des personnages.
 
Voulant réparer ainsi une injustice née des ancêtres de la famille, cette même famille qui est à l’origine de la construction du barrage meurtrier, la grand-mère dont l’esprit divague un peu, a le cœur qui balance, semble-t-il…
 
Ainsi, le roman envisage aussi des enjeux sociétaux qui dépassent les seules frontières américaines. Des enjeux de société profondément écologiques. Le barrage « assassin » grand destructeur d’une Nature où le règne de l’équilibre entre Elle et l’homme vêtu d’humilité est aussi le propos du roman, et cela est fait avec une honnêteté intellectuelle et une juste justice.
 
Un roman, tout en évocation, un roman qui prend son temps, qui suit le rythme des saisons et celui des humains.
 
Fragilité des rapports humains, fragilité des rapports de l’Homme avec la Nature, La crue vous ravira.
 

Amy Hassinger, trad. anglais (US) Brice Matthieussent – La crue - Rue de l’Echiquier – 9782374251301 – 24 €


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Pour approfondir

Editeur : Rue De L'Echiquier
Genre :
Total pages : 468
Traducteur : brice matthieussent
ISBN : 9782374251301

La crue

de Amy Hassinger

Méprisée par son mari, Rachel Clayborne, 32 ans, fuit l'Illinois en pleine nuit avec son bébé, pour rejoindre le seul endroit qu'elle considère comme un refuge possible : la ferme de sa grand-mère dans le Wisconsin.Mais celle-ci est mourante et veut léguer la maison à son auxiliaire de vie, Diane Bishop, membre de la tribu amérindienne des Ojibwés, expropriée de sa terre par un barrage dont la construction a été imposée par...

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