Le braconnier du lac perdu - comment j'ai perdu mon chien

Mimiche - 18.03.2013

Livre - braconnier - lac - Loch Ness


A l'issue d'une mauvaise nuit passée avec Whistler, son ancien ami de l'école primaire, dans un refuge de pierres où ils s'étaient abrités de l'orage, Fin Macleod ouvre un œil pour se découvrir seul : visiblement, il n'est pas le plus matinal.

 

Jetant un regard à l'extérieur, il aperçoit Whistler, planté sur un promontoire, en train de regarder avec hébétude le fond de la vallée. L'ayant rejoint, Fin n'en croit pas ses yeux : le petit loch qui étendait ses eaux calmes en contrebas la veille encore a disparu. Et au beau milieu de cet espace libéré de ses eaux par un glissement de terrain au niveau du déversoir du lac ayant ainsi permis la vidange totale du réservoir gonflé des pluies diluviennes de la veille, il aperçoit un petit avion dont, dix sept ans après, Fin reconnaît l'immatriculation : c'est le monomoteur de Roddy, leur copain d'enfance, disparu corps et biens, qui vient de réapparaître.

 

Malgré les réticences de Whistler, Fin, emporté par les quinze années passées à Glasgow dans la police dont il a pourtant démissionné depuis peu, fonce vers l'épave dans laquelle il découvre au poste de pilotage, les restes de Roddy. Mais son habitude d'ancien flic ne le trompe pas : les stigmates sur les restes de Robby ne laissent aucun doute sur le fait que la mort n'a rien de naturel. Et le naufrage de l'avion parfaitement conservé, rien d'accidentel.

 

Il ne reste à Fin qu'à prévenir la police de l'île de Lewis.

 

Les Editions ROUERGUE nous gratifient là d'un excellent roman policier de Peter May.

 

Certes je n'ai pas eu l'opportunité de lire les deux précédents tomes de la série Trilogie de Lewis mais s'ils sont tous les deux de la même veine, cela vaut le coup d'aller y voir de plus près.

 

Plusieurs raisons à cela.

 

D'abord le lieu. L'île de Lewis, au nord de l'Ecosse. Une île de vent et de pluie, de lochs et de pêcheurs. Cela représente un décalage assez intéressant et une entrée en matière qui donne plus qu'envie d'aller voir ces paysages exceptionnels sur de îles dont on ne peut que se demander comment il est possible que des hommes (et des femmes) aient pu faire le choix de vivre dans des environnements aussi difficiles.(peut être est-ce pour cela qu'ils ont inventé le whisky ?) Même si la beauté des lieux en tétaniserait plus d'un.

 

Ensuite l'écriture. L'enchaînement des chapitres est diabolique. A la fin, on a un peu l'impression que Peter MAY a écrit tout son roman, qu'il l'a ensuite découpé en chapitres qu'il a jetés dans un chapeau pour les tirer enfin au sort les uns après les autres en gardant l'épilogue (quand même…) pour la fin ! C'est pourtant rudement bien fait et efficace. A aucun moment on a l'impression de perdre le fil. Au contraire. Les choses se mettent en place progressivement et l'auteur nous emmène, à son rythme, là où il veut et quand il veut.

 

Enfin l'histoire. Il y aurait eu peu de surprise dans une narration linéaire. Pourtant, le mélange (dans le chapeau ci-dessus) en fait une lecture passionnante, prenante, obsédante. Ces amitiés viriles, cyclothymiques mais durables sont le ferment d'une histoire qui tient la route d'un bout à l'autre, même le recours à des phénomènes naturels qui n'en restent pas moins prodigieux. Mais à quelques pas de la demeure du monstre du Loch Ness, qu'y a-t-il de tellement surprenant ?

 

Bref, c'est un bon roman policier comme je les aime avec une vraie histoire et un suspense qui tient bien debout.

 

Si je dois mettre un bémol, ce sera pour le final qui ne m'a pas paru totalement « ficelé ».

 

Sinon, vous pouvez, de mon point de vue, vous y atteler sans réserve.