Le Chant du converti : Lumière sur le terrorisme mondialisé

Xavier S. Thomann - 08.01.2015

Livre - Terrorisme - Argentine - Services Secrets


Chicago. Valentin et Raymond sont deux amis d'enfance. À la suite d'une énième embrouille, les deux jeunes hommes vont se perdre de vue. Valentin quitte les États-Unis direction l'Argentine et Buenos Aires, où il devient l'homme à tout faire dans une entreprise de sécurité. Dix ans plus tard, Raymond fait irruption dans sa vie presque par hasard. Quelques jours plus tard, des attentats meurtriers dans le quartier juif secouent la capitale argentine. Plusieurs centaines de morts.

 

Le rapprochement entre l'attaque et la présence de son ami ne tarde pas à émerger dans l'esprit de Valentin. Il consacre toute son énergie à retrouver Raymond, sans jamais vraiment savoir ce qu'il espère découvrir. Pour cela, il n'est pas seul. Par la force des choses, il est conduit à travailler avec les services secrets français et américains, à parcourir le monde entier, des jungles de Bolivie aux Champs-Elysées en passant par Bagdad. Retrouver Raymond à tout prix, avant qu'un autre attentat ne soit commis. 

 

Géopolitique du terrorisme international

  

Sous l'apparence d'un thriller, le Chant du converti se veut un plus qu'une simple course poursuite entrecoupée de fusillades. Sebastian Rotella a donné à son roman une dimension géopolitique : il cherche autant à tenir son lecteur en haleine qu'à lui révéler les mécanismes du terrorisme islamiste et du terrorisme tout court. Des questions avec lesquelles l'auteur est familier, lui qui a été grand reporter spécialisé du crime organisé. 

 

Derrière l'auteur de thriller se cache donc le journaliste. Bien souvent dans le Chant du converti, Rotella combine les deux casquettes, celle du reporter et celle de l'écrivain. Et c'est tant mieux. Avec un intérêt marqué pour la dimension économique de ce que l'on appelle le gangsterrorisme, quand les méthodes de la mafia appuient l'extrémisme. 

 

 

 

 

À cet égard, Raymond est plein de contradictions, il illustre ce mélange de radicalité à géométrie variable, d'intrigue politique et d'appât du gain qui caractérise ceux qui tirent les ficelles, loin du carnage. « Du moment qu'on a quelqu'un ou quelque chose à vendre, on peut toujours se convertir », assène « Ray » comme pour justifier ses actions, lui qui a également travaillé pour le gouvernement américain. Sans compter qu'il est un chanteur hors pair, fan de Springsteen… Une réussite. 

 

A noter que le personnage de Vincent Pescatore apparaissait déjà dans le précédent ouvrage de Rotella, Triple Crossing, lui aussi paru chez Liana Levi.