Le front russe, de Jean-Claude Lalumière

Clément Solym - 03.09.2010

Livre - ministere - affaires - etrangeres


Il était une fois un Rastignac qui rêvait de voyager de par le vaste monde. Et qui s’embarqua dans des études qui le mèneraient très vite sous des latitudes vastes et exotiques. Il était une fois un Rastignac, mais avec moins d’ambition que chez Balzac, qui rêvait dans des revues que lui donnait son oncle, de ces pays étrangers, si séduisants. Il était une fois un Rastignac pour qui ailleurs, c’était forcément mieux. A défaut, différent…

Mais une fois parvenu à ses fins, notre petit Bordelais, fraîchement débarqué à la Capitale, a vite fait de déchanter. Victime d’une mère un peu trop protectrice, le voilà affublé d’un énorme attaché-case, dans le hall d’accueil du ministère des Affaires étrangères. Dans un monde totalement étranger, pour le coup, mais manquant cruellement d’exotisme. C’est fou comme le moindre détail de sa vie peut nous revenir et nous exploser au visage…

Parce qu’au moment de passer dans les rangs, un de ces petits chefs dont le bonheur est d’exercer l’autorité précaire dont ils se sentent investis va chuter malencontreusement sur l’attaché-case. Et déterminer que l’avenir auquel notre pauvre héros va se retrouver muté dans le placard du cabanon du ministère : le front russe. Lieu où sont relégués les uns et les autres, que l’on souhaité méticuleusement reléguer le plus loin possible.

Fin du voyage, au-delà de cette limite, votre billet n’est plus valable… Et dans le meilleur des cas, votre plus belle expérience professionnelle se limitera à l’intrusion inopinée de la truffe d’un chien, bien humide, parce qu’il n’est pas malade, à proximité de votre anus. À hurler de rire ? Presque. Touchante attention canine si elle n’était pas aussi déprimante.


Le fameux Quai d'Orsay

Entre satire doucement grinçante d’institutions et récit d’une existence sans grand relief, Le front russe est une aventure palpitante dans le grand vide d’un homme qui voit ses espoirs lui échapper, avec option gros bras d’honneur. Relation amoureuse pathétique, activité professionnelle proche du néant, sinon plongeant dans l’inanité la plus complète, ambitions réduites à rien, perspectives limitées à pas grand-chose… y’a d’la joie !

C’est avec humour et beaucoup de dérision que Jean-Claude Lalumière brosse un tableau fatigué du travail en ministère, dans un véritable cul-de-sac sans espoir. Son personnage se débat autant qu’il le peut, pour ne pas aller bien loin, et surtout, retomber très bas. Et pourtant, on en ressort léger et souriant : heureusement, ce n’est qu’un roman…

Ce n’est qu’un roman, hein ?



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