Le garçon qui courait : Born to run

Cécile Pellerin - 08.02.2017

Livre - Littérature jeunesse - marathon - Corée


Préparez-vous ! Cette histoire, inspirée de la vie du marathonien coréen Sohn Kee-Chung, se lit sans s'interrompre, rythmée par la foulée du personnage et le style très cinématographique de l'écriture de François-Guillaume Lorrain.

 

Alerte, pleine d'élan et de détermination, de courage et de dignité, elle enthousiasme et galvanise le lecteur, qu'il soit sportif ou non. Puissante et bouleversante, incroyable et passionnante, elle insuffle une énergie rare, booste l'esprit et le corps tout entier, donne le sourire.

 

Elle offre l'impression d'avoir soi-même remporté la victoire. Un enchantement, une exaltation à vivre dès 12 ans et sans limite d'âge ensuite. Courez-y vite ! C'est un très bel exploit.

 

 

Dès l'enfance, Kee-Chung est un coureur hors-pair. D'abord il court pour fuir l'envahisseur japonais qui occupe la Corée, puis pour le bien de sa famille. Pour espérer rejoindre son grand-frère, emprisonné pour s'être rebellé et enfin pour fournir à son père les fruits rares que l'on trouve au marché chinois de Dandong et que les Japonais exigent sous la menace.

 

"Il se sentait vivant… Invincible."

 

Courir aussi parce que cela le rend plus fort, plus apte à se révolter lorsque l'ennemi humilie et bafoue les droits humains. Soutenu puis entraîné par son maître d'école, Kee-Chung découvre des sensations incroyables en courant, un plaisir inégalé qui ne l'abandonnera jamais et va le conduire jusqu'aux Jeux Olympiques de Berlin où il remportera en 1936, l'épreuve du marathon.

 

En accédant à l'immortalité, il devient aussi le symbole de la Corée libre et consacre désormais  ses efforts à lutter pour l'indépendance de son pays. Après la guerre, il deviendra entraîneur de l'équipe nationale et formera notamment le médaillé d'or olympique au marathon des Jeux de Barcelone.

 

Avec une sensibilité stimulante, jamais mièvre, l'auteur lie, dès les premières pages, le héros à son lecteur, intrigué par cet enfant obstiné et valeureux, toujours loyal, capable de se dépasser sans jamais renoncer à ses convictions personnelles et patriotiques.

 

Fidèle aux événements historiques, le récit instruit autant qu'il éveille la curiosité, rend compte de l'atmosphère particulière d'un pays occupé et saisit également avec beaucoup de grâce l'exotisme d'un environnement oriental.

 

En pénétrant quelques contes populaires, en précisant certaines traditions, en décrivant des paysages de rizières, de montagnes et de forêts, en conférant à son personnage certains principes de philosophie zen ; par petites touches légères, il offre au lecteur des images d'un pays méconnu et envoûtant ;  avant sa division. Invite au voyage, sans effort.

 

"Il avait aimé avoir le visage fouetté par le vent. Il avait aimé la chaleur dans ses veines, le martèlement sous ses pieds. Mais ce qui lui avait plu surtout, c'était cette sensation de bondir, pour voler au-dessus du sol. Puis de retomber. Puis de s'envoler à nouveau. A chaque foulée, il lui avait semblé osciller entre la terre et le ciel".

 

Enfin, la justesse avec laquelle il décrit la jouissance de l'effort sportif, exprime le bonheur et l'ivresse du coureur à pied, procure d'emblée l'envie de chausser ses runnings et de se confronter soi-même à l'épreuve de la course.  Mais c'est une autre aventure et un plus d'effort, sans doute.


Pour approfondir

Editeur : Sarbacane
Genre :
Total pages : 288
Traducteur :
ISBN : 9782848659343

Le garçon qui courait

de François-Guillaume Lorrain(Auteur)

Aou^t 1936 : un jeune athle`te vient de remporter le marathon aux J.O. de Berlin ; et pourtant, il semble bien triste sur le podium. Il cache son maillot japonais. Car Kitei¿ Son, alias Sohn Kee-Chung, vient de Core¿e, pays annexe¿ par le Japon, et il a du^ courir sous les couleurs de l'ennemi.

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