Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Le Horla : une adaptation réussie de l'œuvre de Maupassant

Xavier S. Thomann - 10.04.2014

Livre - Maupassant - Horla - Mystère


Le récit du Horla de Maupassant est bien connu. C'est devenu un classique de la littérature fantastique. Guillaume Sorel a fait le pari de l'adapter en bande dessinée, aux éditions Rue de Sèvres. C'est une adaptation entièrement réalisée par ses soins, puisqu'il est l'auteur des illustrations mais aussi du scénario. Un pari clairement réussi. Les illustrations sont magnifiques, il n'y aucun doute, et l'intensité psychologique du récit initial est bien rendue.

 

Un homme, seul avec ses domestiques dans sa maison au bord de la Seine est troublé par une présence étrange. Il ne dort plus, la carafe au bord de son lit est vide à son réveil. Il ignore pourquoi. Chaque nuit, la présence devient plus insoutenable. Il quitte les lieux. Se rend au Mont-Saint-Michel, à Paris, en quête d'une explication. À son retour, l'étreinte du Horla – c'est ainsi qu'il va nommer ce « démon » — n'a fait qu'empirer. La folie n'est plus très loin. 

 

Avec le passage en bande dessinée, le récit conserve sa densité et son mystère. L'emprise croissante de l'« être invisible » sur l'esprit du personnage gagne en intensité avec les illustrations de Guillaume Sorel. L'expérience est avant tout esthétique. Guillaume Sorel n'a pas son pareil pour retranscrire cette descente aux enfers progressive. Au fil des pages, les dessins se font plus sombres, plus inquiétants. À cet égard, les dernières planches sont tout à fait remarquables. 

 

Du reste, l'adaptation est très fidèle au récit de Maupassant. Ici, la BD est moins une réinterprétation qu'une manière de donner une nouvelle dimension à un texte classique. Comme chez l'auteur de Bel Ami, l'interrogation sur la folie est au cœur de la bande dessinée et ce Horla-ci demeure bel et bien la plongée efficace dans un cerveau en plein doute, traversé de part en part par l'angoisse et la peur.