Le livre du Désir, Léonard Cohen

Clément Solym - 10.06.2008

Livre - livre - desir - Leonard


Il a plus de cheveux blancs, l’assurance de l’homme qui a marqué plusieurs générations et dont les chansons se fredonneront encore longtemps, bien après que les poètes ont disparu. Et ses textes courront encore dans les rues et sur le cyberespace. Leonard Cohen est probablement l’un des derniers héros dont les Lettres doivent s’enorgueillir, par la simplicité de ses textes, la beauté de ses chansons et leur poignante sincérité. Voilà, c’est dit, Leonard, épouse-moi, je t’aime…

Le livre du Désir, Book of Longing dans sa version anglaise, peut également s’enorgueillir d’avoir joui d’une grande qualité de traduction par Jean-Dominique Brierre et Jacques Vassal. Recueil tout à la fois de poèmes, de dessins et de réflexions, et parfois les trois en une seule page, originaux pour la plupart – certains ont servi aux albums Ten new songs et Dear Heather –, il expliquerait si c’était utile tout ce qui fait de cet homme un grand, immense poète, à la vois entraînante et passionnée.

Des dessins sombres et grinçants de la vieillesse qui pèse, mais dont on se rit. Des textes graves et profonds dans lesquels on se perd, révélant toute l’âme de l’homme et ses inspirations autant que ses aspirations. Et toujours gardant accroché un sourire que l’on perçoit, sensiblement dessiné à l’embrasure des lèvres.

Des angoisses du quotidien aux montées en puissance lyriques sans emphase aucune, il touche à coup sûr nos propres angoisses et nous le rejoignons dans des paroles simples, tendres parfois, ou sévères. Loin d’une poésie absconse qui se fraye un chemin vers l’esprit avant de cerner le cœur, on entend presque la voix de Leonard Cohen nous murmurer à l’oreille les lignes que l’on parcourt. Et c'est assurément pour toutes ces raisons que Léonard Cohen avait été récompensé pour l'ensemble de sa carrière.

C’est beau, simple, juste ; une fenêtre ouverte grande sur cet artiste indispensable.