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Le Mépris et la haine, de Jean-François Zimmermann

La rédaction - 23.12.2016

Livre - Le mépris et la haine - Jean-François Zimmermann


« Attachez vos ceintures... » Quand vous débutez Le Mépris et la haine de Jean-François Zimmermann, vous embarquez à bord du vaisseau la Marie-Victoire, pour un voyage jusque dans les profondeurs du cœur et de l’âme humaine qui dure sur plus de quatre cents pages. 

 

 

 

C’est un pavé. Et l’auteur ne cultive pas la séduction facile. Les clins d’œil à la modernité, très peu pour lui! Il écrit à contre-courant, à contre mode. « Fidèle au XVIIe siècle dont il épouse la langue avec bonheur... », dit la quatrième de couverture. 

 

Zimmermann aime les mots précis qui désignent l’objet, les mots techniques de la marine, les mots patinés, voire les mots vieillis qu’il faut expliquer en notes. 

 

L’époque n’est pas la même, mais dans les épisodes de pêche à la morue, il y a du Pierre Loti. L’auteur a lu et digéré les classiques. Dans la saga des grands romans feuilletons du XIXe, on imagine Le Mépris et la haine faire le bonheur des gazettes. Le style, parfois, peut paraître ampoulé. 

 

Par-delà une certaine préciosité dans les ambiances et dans les paysages, les personnages sont campés avec efficacité. « Presque aussi épais qu’il est large, le jardinier porte son ventre en avant avec fierté comme s’il était le résultat d’une œuvre accomplie et admirable. »

 

Le lecteur se prend de sympathie pour Tanguy le roturier, pour Émilie comme pour Rosalie ses amoureuses, et pour la « charmante » comtesse Suzanne de Porcon. Jusque dans leur noirceur la plus extrême, le comte Yves de Porcon et surtout son fils, Guy, restent humains, terriblement humains.

 

L’histoire est bien charpentée. 

 

Loin de la culture zapping, Le Mépris et la haine ne peut pas se lire entre deux sonneries, deux tweets ou deux « JT » d’infos continues. 

 

Il faut prendre le temps. Attacher sa ceinture comme pour partir en voyage. 

 

par Hervé Leroy

 

 

en partenariat avec le CRLL Nord Pas de Calais