Le peuple des berges : au royaume de la cloche

Mimiche - 22.11.2013

Livre - SDF - Paris - Pauvreté


Le Peuple des Berges, c'est le monde de la cloche, des clochards, des clodos. C'est un monde à part qui se lève quand Paris va se coucher et disparaît dès que recommence à bruisser l'agitation de la rue. C'est un monde marginal dont mille raisons expliqueraient pourquoi et comment ces laissés-pour-compte s'y retrouvent mais ne le disent, ne le laissent supposer, encore moins ne l'avouent jamais.

 

C'est un monde fait de rapines, où on boit - plus qu'on ne mange - les quelques sous volés, escamotés ici et là. Un monde qui ignore les lois de la République mais les connaît assez pour faire en sorte d'éviter de se faire pincer lorsqu'elles sont transgressées.

 

Le point commun des habitants de ce monde ? Ils n'ont pas –ou plu – de domicile fixe. Leur toit, c'est le ciel, avec la lune et les étoiles pour seuls luminaires.

 

Au delà de cette caractéristique commune, bien des choses traduisent leur diversité. Il y a un monde entre ceux qui mendient, ceux qui braconnent ou ceux qui volent les chiens. Un monde encore entre ceux qui épluchent les poubelles et ceux qui récupèrent mégots et fins de cigares à partir desquels se fera un nouveau commerce de tabac !

 

Leur habitude commune ? L'argent qui leur passe entre les mains s'écoule bien vite en rasades de vin chez le gargotier du coin qui les sert !

 

Robert GIRAUD a côtoyé ce Paris obscur, cette résurgence de la Cour des Miracles, qui respecte ses codes non écrits, cette « légion de pouilleux » qui a « abdiqué toute dignité pour ne pas subir le carcan des responsabilités ».

 

Au début des années 1950, il a pénétré ce monde et en a ramené neuf articles parus dans la revue Qui ? Détective d'octobre à décembre 1956.

 

Ce livre en est la compilation.

 

Loin d'une étude sociologique ou même d'un reportage, il est surtout une succession de photos que Doisneau n'aurait pas reniées : quelques anecdotes, quelques faits d'armes, quelques légendes.

 

Rien de plus que quelques images dont on peut cependant gager qu'elles ne seraient pas bien différentes quelques soixante ans plus tard.