Le soleil des enfants perdus, Guy Marchand

Clément Solym - 12.08.2011

Livre - soleil - enfants - perdus


Dans les rues de Marseille, le jeune sous-lieutenant Romain Delfosse traîne des heures vides en attendant d’embarquer pour l’Algérie.

Loin de ses études littéraires, après une formation de parachutiste, Romain part, détaché bientôt à la Légion Etrangère.
A la tête d’un groupe de soldats, il effectue d’interminables patrouilles dont l’intérêt lui échappe, débarrassé de tous les signes ostensibles de son grade comme l’adjudant-chef le lui a recommandé pour ne pas être choisi comme cible.

Ces précautions seront insuffisantes : au détour d’un chemin, un choc immense au milieu de la poitrine le renverse au sol. Dans une sorte de délire, il conserve la force d’ordonner à l’adjudant-chef de relâcher son assaillant sur lequel la troupe avait réussi à mettre la main.

Entre le champ de bataille et le Val de Grâce où il émergera enfin de sa torpeur quelques temps plus tard, Romain aura eu l’occasion de croiser Saint Exupéry, Camus, Romain Gary, Sartre et Malraux….
Après avoir reçu la Légion d’Honneur, Romain sera rendu à la vie civile où il va commencer à errer dans l’espoir de trouver l’idée extraordinaire qui va lui donner la force, l’imagination et l’inspiration pour écrire un roman qui ne pourra être qu’immense.

Guy Marchand est une sorte d’icône. Au delà de l’acteur et, bien évidemment (comment éviter le cliché : c’est même répété en quatrième de couverture), du Nestor Burma qui lui colle à la peau, c’est autant le musicien qui intéresse devant le livre inconnu. Le musicien de jazz, le crooner.

Et c’est bien de musique qu’il s’agit. La musique lancinante d’une vie qui se cherche et qui peine à trouver le refrain à chanter à l’unisson avec quelqu’un. Une vie qui oublie les paroles pour ne fredonner qu’un air inconnu et atone. Un air qu’on oublie aussitôt entendu car sans relief. Une musique qui cherche sa partition, se trompe de note, change de tonalité, varie les instruments mais n’atteindra jamais au sublime. Qui restera toujours dans une sorte d’insignifiance une seule fois évitée pour sauver la vie de celui qui avait voulu prendre la sienne. Une fleur plantée dans le désert.

Ce n’est certainement pas un ouvrage qui marquera la littérature et un autre que Guy Marchand n'aurait  sans doute pas pu nous le faire apprécier. Mais, lu très vite pendant un court voyage aérien sur nos lignes intérieures, ce livre a quand même réussi à repousser le sommeil qui guettait, à nous captiver tout au long du trajet et à nous ramener sur terre avec un peu de nostalgie dans les yeux.

Ce n’est finalement pas si mal que cela.

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