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Le Troisième frère, Nick McDonell

Clément Solym - 07.05.2008

Livre - Troisieme - frere - Nick


Nick McDonell, né en 1984, est l’auteur d’un premier roman à succès : Douze. Le Troisième frère est son deuxième roman. Il a pour personnage central Mike. Fils d’une riche famille new-yorkaise, il mène l’existence sans anicroche de tout enfant blanc ayant tous les arguments en main pour être heureux.

Mike, un héros sans tâche : riche, jeune et blanc

Agé de dix-neuf ans, il obtient un stage grâce à un ami de son père qui est directeur au sein d’un quotidien de Hongkong. Le stage commence tranquillement dans les bureaux du journal jusqu’à ce qu’Analect lui demande d’accompagner un journaliste, Bishop, à Bangkok pour faire un reportage sur les jeunes qui gobent de l’ecstasy. Se greffe sur cette proposition une autre demande : aller voir Christopher Dorr, un ancien ami du père de Mike, au même titre qu’Analect.

Arrivé à Bangkok, Mick va rapidement se retrouver immergé dans ce monde de jeunes blancs, les farangs, qui viennent s’éclater en Thaïlande en consommant drogues de toutes espèces et passant leur nuit avec des prostituées. Un univers glauque. Une descente aux enfers. Mais aussi une initiation pour Mike, jeune homme à la vie bien rangée.

Si la police thaïlandaise semble se laisser corrompre assez facilement quand on est blanc. Pour les jeunes thaïlandais, c’est une autre réalité. Vendre de la drogue, c’est risquer l’exécution pure et simple. Sensation toujours présente de jouer avec des filets face à des êtres qui eux ne jouent pas.

Après la Thaïlande, une autre vision du monde s’impose :

Mike reviendra traumatisé en partie par cette expérience. Mais c’est le pire qui l’attend. Cette fois, c’est sa famille, son pays qui seront atteints dans leur chair. Comme un miroir de sa première expérience, on retrouvera Mike au milieu du New-York plongé dans l’horreur du 11 septembre 2001. La violence, la mort aux Etats-Unis. Les blancs ne sont plus aussi protégés qu’ils pouvaient le penser.

Ce roman, simple en apparence, est rempli d’échos, de réflexions au travers d’un récit qui semble parfois décousu. Dans W ou le souvenir d'enfance, George Perec faisait alterner deux réalités qui se nourrissaient mutuellement : dans un chapitre, il abordait des souvenirs d’enfance, dans le suivant, il construisait l’existence de l’île W. On retrouver cette structure en miroir où lorsque Mike est en Thaïlande, presque un chapitre sur deux est consacré à des flashs sur des éléments marquants de son enfance. Sur des traits particuliers de sa famille.

Une construction narrative complexe mais très riche :

Plus on avance dans l’œuvre, plus la construction de la narration se complique. Mike a un frère, Lyle. Et la question que se pose toujours le lecteur, c’est de savoir qui est ce troisième frère précisément, celui qui a donné son titre au roman. En dernière partie du livre, Mike prend directement la parole. On passe insensiblement dans un récit à la première personne. On est obligé de faire un retour sur les pages précédentes pour voir où a commencé ce changement.

Néanmoins, certains chapitres apparaissent comme des longueurs et le livre dans son ensemble manque de rythme. Disons que plus on progresse et plus on est pris. Mais cela prend beaucoup de temps. Il est dommage que la première partie (le livre en comporte trois, chacune composée d'une multitude de courts chapitres) ne soit pas plus percutante. Les deux premières parties sont là pour tendre la toile d’araignée dans laquelle le lecteur, tout comme Mike, est en train de s’enfermer.

Une traduction à revoir mais un livre à lire :

Il est à noter que le texte mériterait certainement d’être lu dans sa version originale car, à bien des endroits, la traduction pèche grossièrement. Des constructions lourdes. Des phrases mal construites. Des américanismes incompréhensibles et déplacés. On pourrait presque à se demander si la fin n’a pas été bâclée à ce niveau. Combien de fois peut-on lire cette phrase alors que Mike erre dans un New-York à la dérive : « Mike veut arriver downtown le plus vite possible ».

Pour autant, il ne faut pas délaisser ce roman qui va bien au-delà du récit anecdotique et qui s’avère être une réflexion sur l’american way of life et ses retombées souvent imprévisibles. Mais ce livre initie aussi un rapport au lecteur très particulier et qui sait, peut-être que ce troisième frère n’est pas si loin de vous…




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