Le vent emporte autant de romans (2)

Clément Solym - 19.12.2012

Livre - chroniques - autant en emporte le vent - découvertes


Les fêtes se poursuivent, mais foin des prescriptions strictement commerciales qui fleurissent en cette saison, voici une nouvelle fois, la petite revue des critiques d'ouvrages, passés en revue ces derniers jours. Des choses à découvrir, à oublier ou encore à enterrer. Du bon ? Oui, parfois...

 

Tout ce qu'il voudra, c'est un titre en cinq volumes, qui surfe sur deux principes : la série, et les ouvrages vendus pour 3,99 €, avec l'intention de la part de l'éditeur Marabout de coller à l'actualité des livres à tendance Fifty Shades of Grey. Un milliardaire, une jolie femme, de l'argent et des galipettes audacieuses, sur fond, une fois n'est pas coutume, de relations sexuelles et dominatrices.

 

On en a lu un, on s'épargne les quatre. Cependant, par souci d'honnêteté, le chroniqueur repu avouera qu'il n'est pas allé au-delà du second volume. Les histoires de coeur, d'argent et de sexe de Lucy, recrutée par Jeremiah, valent au moins pour leur couverture. 

 

Tout ce qu'il voudra,

de Sara Fawkes, traduit de l'anglais par Maxime Eck

 

 

Basculons sur une tout autre tendance : celle d'un univers futuriste, une uchronie parisienne, avec deux villes qui coexistent. Pourtant, ce n'est pas de la science-fiction, plutôt un récit fantastique, s'inspirant des ruelles de la vie dans la capitale. Cohabitent dans la ville deux mondes : celui du business et de l'argent, Paris I, et en face, Paris II, où se retrouvent les milieux littéraires. Avec au centre, presque une rivière qui coule et démarque les deux mondes.

 

C'est un peu partout à la fois, critique sociale, probablement et en même temps, voyage dans une cité inédite. A découvrir. Bien écrit, dans tous les cas, l'ouvrage n'a peut-être pas la possibilité de tenir tenir toutes les promesses de son titre...

 

Paris en 2040,

d'Arthur Bernard.

 

 

 

Un prix Nobel, ça laisse toujours un goût aigre, amer, et en même temps délicat dans la bouche. Et à l'esprit, soit il foudroie, soit il déçoit. Dans ce roman, les amateurs d'expérimentations littéraires trouveront leur compte. Trois générations d'homme, sur une terre à faire fructifier, et dans un Portugal de pauvreté parfois extrême... 

 

Le livre prend progressivement une place phénoménale, envahissant l'espace et le lecteur, les pieds rivés au sol de cette terre, étouffe sous les conditions de travail, le contexte politique dictatorial et la société de l'époque. C'est fort et écrasant à la fois. Le genre d'oeuvre qui justifie un Nobel.

 

Relevé de terre

José Saramago, traduit par Geneviève Leibrich

 

 

 

 

Ca, c'est du bon, et tant pis si ce sont les tomes 3 et 4 des aventures du commissaire Léon. Nadine Monfils, c'est une romancière de grand talent, avec un humour gratiné, recouvert d'un velours tendre, mais sec. Ces deux titres à découvrir, sans tarder, ce sont des petites perles d'aventures.

 

Plus que de simples récits policiers, ce sont des univers très personnels, avec des personnages fantasques. On en oublierait volontiers de suivre l'intrigue, en se prenant à rêver qu'ils sortent du livre, pour passer une journée avec eux. Une seule, cependant, parce que certains sont sévèrement atteints...

 

Les enquêtes du commissaire Léon,

de Nadine Monfils

 

 

 

La Grèce se fait soit oublier des médias, soit les médias l'oublient. Difficile de savoir comment se porte le pays. Pourtant, Petros ne manque pas de donner des nouvelles : une belle carte postale racontant la ville d'Athènes où le commissaire Charitos tente désespérément de retrouver un meurtrier qui s'en prend... aux banquiers. 

 

Comment lui en vouloir ? Sauf que la décapitation, c'est un peu cruel, surtout pour l'opinion publique. En parallèle, la ville est bombardée de messages appelant à la haine du système bancaire, à la désobéissance sociale, au refus de payer les traites... les impôts, c'était déjà fait. 

 

Impliqué et immersif, ce roman fait sourire, avec le rictus de cette réalité qui rattrape : le monde de la finance, s'il n'est pas responsable de toutes les misères du monde, on aurait bien envie de lui trancher, au moins pour l'exemple, la tête...

 

Liquidations à la grecque,

de Petros Markaris, traduit par Michel Volkovitch