Légendes d'automne, l'immense classique de Jim Harrison

Auteur invité - 22.09.2017

Livre - Légendes automne Harrison - Jim Harrison littérature - littérature Amérique étendue


Légendes d’automne, de Jim Harrison : l’histoire de plusieurs hommes, écrite par un homme, et qui donnent (presque) envie d’en devenir un. Trois nouvelles puissantes qui sentent la sueur, transpirent la poussière et obligent à se tenir tout petit dans un coin pour ne rien manquer du spectacle qu’offrent les mots. Laissez Jim Harrison et ses personnages vous livrer leurs histoires...




 

Les trois récits ont ceci en commun de faire clairement sentir au lecteur que c’est la main d’un homme qui tient la plume (ou frappe le clavier). La violence tient une place prépondérante dans chacune des nouvelles et tient presque du fil conducteur. Des violences d’homme trahi, blessé dans sa chair, son cœur ou son orgueil, et qui n’envisage le salut que par la vengeance.

 

Le premier texte nous envoie au fond des canyons poussiéreux et nous prouve qu’un homme, ça peut aussi aimer à en perdre la raison. Intensité menant tout droit à la folle vengeance lorsque la trahison emmêle les bras de l’une autour du corps d’un autre. Violente, forte, merveilleusement racontée, cette première nouvelle donne le ton et pousse le lecteur frileux ou peu habitué à être malmené dans quelques retranchements...

 

Le titre de la deuxième nouvelle résonne comme une invitation à la liberté : « L’homme qui abandonna son nom. » Véritable ode à la remise en question, le personnage principal touche par son insouciance, sa lucidité et la volonté dont il sait faire preuve pour maintenir sa vie sur les rails en dépit d’une manifeste erreur d’aiguillage. 

 

Pour la dernière nouvelle de ce livre dépaysant, place à Tristan, jeune homme aux mauvaises manières assumées auquel on parviendra quand même à s’attacher et dont la force de caractère et la foi en l’avenir forcent l’admiration. Presque une leçon de développement personnel.

Presque, et de loin, car la plume de Jim Harrison demeure incisive et balade le lecteur avec aisance d’un bout à l’autre de ses émotions, prouvant que la famille peut être le meilleur des socles en même temps que la pire des résolutions.

 

Légendes d’automne a cette force de mêler, presque à l’insu du lecteur, violence et touches de poésie, et c’est cette alchimie étrange qui donne envie de courir les librairies et de plonger son nez dans toute l’œuvre de Jim Harrison.
 

par Sandrine Pollien

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Jim Harrison – Légendes d’automne, trad. Serge Lentz – Editions 10/18 – 9782264052216 – 7,50 €