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Les Étoiles s’éteignent à l’aube, de Richard Wagamese

La rédaction - 12.04.2017

Livre - Les Étoiles s’éteignent à l’aube - Richard Wagamese - Editions Zoé


Quand on aime la littérature américaine, on croise pas mal d’histoires sur les grands espaces et la quête de soi de personnages rugueux, esquintés, mais qui tiennent le verbe haut à leurs vieux démons. Des histoires d’amour de la nature, de prolétariat semi-agricole, d’alcool, de bagarres, de meurtres passionnels, de femmes farouches au regard d’aigle et de crachat de tabac pour ponctuer ses phrases.

 

Les Étoiles s’éteignent à l’aube, de Richard Wagamese


Ça sent la liberté, la perdition, les décisions prises comme un cheval qui se cabre. On y brûle sa vie en pleine nature, sous le soleil ardent des passions et du whisky.
 

Pour Eldon Starlight, ouvrier amérindien sur le retour, ce temps-là a eu lieu, mais il est révolu. Il agonise d’avoir trop bu, trop fuit. Squelettique, mais fier, rongé par les remords comme par la maladie, il convoque son fils Franck, dont il ne s’est jamais occupé. Ses dernières volontés sont simples : être conduit dans la montagne pour y mourir et y être enterré « comme un guerrier ».

 

Le jeune accepte à contrecœur et s’en suit une chevauchée du dernier espoir qui nous remue les tripes aussi sûrement qu’un torrent dévale la montagne. Eldon y racontera ses souvenirs pour tenter de livrer un bout de sa vie à son fils comme héritage, de combler des manques grands comme des gouffres. Franck, s’il sait faire face à un jeune ours qui les charge, ne sait que faire de l’amour de ce père qui l’a tant déçu.
 

À la lueur des feux de camp se joueront bien des duels entre ces deux hommes à la peau d’écorce. Les dialogues arides de cette épopée intimiste sont d’ailleurs sa grande réussite. On ouvre la bouche comme on dégaine et on parle pour faire mouche. Pourtant, derrière cette constance de la rudesse, Richard Wagamese réussit à nous livrer des sentiments poignants, confondants, aussi brutalement nus qu’une peinture rupestre découverte dans une clairière.
 

[Extrait] Les étoiles s'éteignent à l'aube de Richard Wagamese  
 

Les Étoiles s’éteignent à l’aube est un grand roman, marquant, qui écorche et qui répare tout à la fois. On en garde le souvenir près de soi comme un talisman. Peut-être aurait-il d’ailleurs mérité qu’on lui conserve son titre original : Medecine walk .

 

Guillaume Bourain,
Les Saisons (La Rochelle)

Les Etoiles s’éteignent à l’aube

Richard Wagamese
traduction Christine Raguet

Editions Zoé

9 782 889 273 300

en partenariat avec le réseau Initiales


Pour approfondir

Editeur : Zoe
Genre :
Total pages : 286
Traducteur : christine raguet
ISBN : 9782889273300

Les Etoiles s'éteignent à l'aube

de Richard Wagamese

Franklin Starlight a tout juste seize ans lorsqu’Eldon, son père ravagé par l’alcool, le convoque à son chevet et lui demande de l’emmener au cœur de la montagne, là où, traditionnellement, on enterre les guerriers. Au cours de leur voyage, le fils affronte un jeune grizzly, ramène poisson ou gibier et construit des abris contre la pluie, tandis qu’Eldon lui raconte comment il a rencontré l’amour de sa vie, pourquoi il a sombré dans l’alcool et d’où vient leur patronyme qui évoque les temps indiens immémoriaux. Pendant ce périple, père et fils répondent, chacun à sa manière, à leur besoin d’apaisement identitaire. Ce roman au style brut et aux dialogues taiseux est un allé simple pour les terres sauvages du centre du Canada. Richard Wagamese appartient à la nation ojibwé. Il est le premier lauréat indigène d’un prix de journalisme national canadien et est régulièrement récompensé pour ses travaux. Il vit actuellement à Kamloops, en Colombie britannique. Les Étoiles s’éteignent le matin est son premier roman traduit en français.

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