Les gènes de la violence, Michel de Pracontal

Clément Solym - 01.06.2009

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Pour faire une tartiflette, la recette est excessivement simple : patate, lardons et oignons, c’est selon et reblochon. Sur les modes de cuisson, les avis divergent. Personnellement, je privilégie un reblochon coupé en deux dans sa longueur et harmonieusement déposé sur les pommes de terre. Pour la Vosgiflette, c’est à peu près la même, mais avec du munster. C’est sympa aussi.

Pourquoi parler des Vosges, alors que Michel de P. vient de publier un roman relatant la France d’après, celle de demain, dans laquelle on se fera coller une ou deux puces RFID dans le fondement, pour être certain qu’en cas de sueurs froides, on sache où vous trouver ? Parce que justement, le jour où le petit malade a commencé à parler de ces histoires de détection de la violence par la génétique, avec en suspens un test ADN pour s’assurer que les enfants aspiraient plus à devenir de sages RMIstes que de vindicatifs terroristes… Encore que terroriste… Justement, ce jour-là, ce jeudi noir dans l’histoire de la science et de notre République, je flânais dans les Vosges.

Et qu’avec ses âneries, il m’aurait presque gâché le séjour, l’autre.

Paul Bertillon est journaliste, il trime dans l’Hebdo, un… hebdomadaire d’actualité. Et après le suicide – vraiment ? – d’un de ses collègues, il se retrouve à remonter des pistes laissées par un tueur d’une nouvelle variété. Particulièrement sordide dans ses meurtres, l’Inca, comme on l’appelle, serait porteur d’un gène découvert et revendiqué par le docteur et neurobiologiste Alfred Lacasse. Evidemment, le reste du monde est passé à côté de cette découverte de première importance et c’est un Français qui a mis la main dessus. La bonne blague… surtout si l’on regarde comment la Recherche se porte dans le pays. Passons.

Paul n’est pas fan de l’hypothèse dégagée par Alfred. Du tout. Et il entendrait bien montrer que le professeur, tient plus de l’imposteur que du savant. Une piste d’autant plus intéressante qu’elle ouvrira la porte à des sphères politiques très échaudées en ces heures sombres.

Car derrière les petites tracasseries d’un tueur en série, se dissimule un projet bien plus intéressant de contrôle et de captation des libertés du public : Sécurité & Transparence. Le tueur tombe mal, ou plutôt très bien, pour conférer plus de force à ce projet.

Inutile d’en dire plus : une fois encore, les polars ne sont pas ma tasse de thé, mais le boulot de Michel sur l’écriture et la projection de ce que sera la France de demain, ne laissera personne indifférent. C’est plutôt bien tourné, bien emmené et l’on va traquer avec plaisir et effroi – si, si, un peu… - un tueur plutôt coriace et sacrément retors.

Pour les férus du genre, on y trouvera un livre tout à fait honorable, surfant tout à la fois sur le sécuritarisme très en vogue aujourd’hui, jusque dans les écoles. Enfin… bientôt… Après, l’intrigue en elle-même reste relativement simple et l’on n’aura pas de grandes révélations en fin d’ouvrage. Un tueur cependant bien soigné et plusieurs passages amusants…

A lire. Moui. Si le genre vous plaît et que vous en avez marre de relire Higgins Clark.