Les plaisirs difficiles, Mark Greene

Clément Solym - 23.07.2009

Livre - plaisirs - difficiles - Mark


Rien de plus facile que de lire les huit nouvelles qui composent le nouveau recueil de Mark Greene. Difficile de ne pas prendre de plaisir à la lecture des Plaisirs difficiles…

Ça commence très fort avec une nouvelle poignante : L’héritier, ou comment vivre sa vie par procuration. L’histoire d’un père dont le rêve était de devenir un champion de tennis aguerri. La vie en décidera autrement. Qu’importe ! Son fils saura combler son manque de chance. Formé dès le plus jeune âge, le petit montre un réel talent.

L’enfant grandi, son talent aussi. Mais ce père deviendra vite un obstacle encombrant, un mentor gênant.
Une première nouvelle très réussie : peut-on en dire autant des sept autres ?

Un peu plus loin, l’auteur nous parle d’un Premier amour par la quête surprenante d’une responsable de contentieux. Cécile a quarante ans. C’est son anniversaire et elle est seule dans son appartement. Elle astique, époussette et aspire. Dommage, le ménage est terminé, et il n’y a rien d’autre à faire. Alors, elle fait le point. 25 années plus tôt, elle flirtait avec son premier amour. Souvenir salvateur et délicieux pour la jeune femme. Qu’à cela ne tienne, Cécile va tenter de le retrouver.

Le point commun entre ces deux nouvelles indépendantes ? Des plaisirs difficiles évidemment. Mark Greene s’amuse avec des fragments de vie : des anonymes qui n’ont rien en commun, si ce n’est la banalité de leurs vies et leurs questions existentielles. Finalement, on est toujours seul face à soi-même, et ça, l’auteur l’a bien compris. Par le biais de ces destins ébréchés, de ces personnages arrivés au point de non-retour, c’est la fragilité de l’humanité et l’absurdité de la vie qui sont pointées du doigt.

Si l’Héritier ou Comme beaucoup d’hommes avant lui sont vraiment réussies, d’autres le sont moins, comme San Giuliano Terme ou Païens. L’auteur aurait tendance à se reposer sur ses acquis. On accroche moins. Bien que plus superficiels, les deux textes sont servis par une plume fluide, simple sans être simplistes. Du coup, tout coule de source et l’on pardonne facilement. Gageons que le recueil dans son ensemble est plaisant.

Les plaisirs difficiles n’ont rien de transcendant : c’est même plutôt banal. Pourtant, ces fragments de vie sonnent presque tous justes. L’Héritier reste sans doute la nouvelle la plus révélatrice de Greene : Jeu, set et match pour le recueil.


 

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