Les restes de Jean-Jacques, Pierre Stasse

Clément Solym - 20.08.2009

Livre - restes - Jean - Jacques


Il paraîtrait que le chien est le meilleur ami de l’homme. Proverbe souvent observé. Rien n’est moins sûr en vérité. Il faut toujours se méfier, surtout quand l’animal en question s’appelle Jean-Jacques. En fait, le chien n’y est pour rien. Mais comme pour le philosophe, Jean-Jacques sera le sujet d’une controverse.

Alors qu’il végète dans son salon, sa petite amie Manon fait son apparition. Paul est au chômage. Manon travaille. Le couple bat de l’aile. Une énième dispute éclate. Manon revient à la charge. Paul doit trouver du travail. Facile à dire. Moins facile à faire surtout lorsqu’on ne sait pas ce quel métier exercer. L’orage aurait pu passer si Paul n’avait pas oublié de nourrir Jean-Jacques, le chien de Manon. Cerise sur le gâteau, il n’y a plus de croquettes. Alors en toute discrétion, il nourrit le cabot qu’il déteste, des restes du frigo.

Grossière erreur. Alors qu’il rêvasse dans le canapé, Paul se retrouve nez à nez avec le canon d’un fusil pointé sur lui. Deux détonations plus tard, on retrouve Paul réfugié chez son ami Micky.

Cet incipit déconcertant n’est qu’une des multiples scènes fantasques qui jalonnent ce roman. Truffé d’humour, le texte nous entraîne avec gaieté et légèreté dans une joyeuse effervescence. L’intrigue est parfaitement maîtrisée, impossible de s’ennuyer. Les personnages sont attachants. Il y a Paul. Mais il y a aussi Micky et Anouchka, Kristine et Vania, Leila et Ilias. Chacun mène sa barque dans le flot des aléas de la vie. Tous ligués contre les miliciens, tous unis de New York au Canada, de la Russie à Paris, de la prison à la pension.

Les restes de Jean-Jacques est un texte détonnant. Saisissant dès le premier chapitre, le roman tient ses promesses. Il démarre sur les chapeaux de roues et continue sur sa lancée jusqu’à l’arrivée. Le style est travaillé, la construction soignée. Les personnages sont crédibles, l’histoire se tient. Soyons honnêtes, pour un premier roman, c’est vraiment bien.

Pierre Stasse est un bon cuisinier. Il réunit tous les ingrédients pour nous accrocher. Emouvant, poignant, assaisonné d’humour, les restes de Jean Jacques sont loin d’en être : on nous aura menti, c’est un vrai festin.


 

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