Little bird : la 1ère enquête de Longmire, shérif du Wyoming

Mimiche - 17.06.2014

Livre - Littérature américaine - grands espaces - polar


Comté d'Absaroka, Wyoming. Quelques degrés de température perdus confirment que l'été s'éloigne chaque jour un peu plus.

 

Le shérif Walter Longmire noie son désœuvrement dans la bière en attendant la retraite: depuis la mort de sa femme quelques années plus tôt, il n'a pas vraiment remonté la pente et les travaux d'aménagement de la maison qu'ils avaient choisie sont restés en plan tout comme le ménage, le rangement ou la vaisselle. Au point que, lorsque son ami indien Henry Standing Bear vient cuisiner chez lui pour eux deux, il lui recommande de faire attention à la probable présence de crottes de souris dans la poêle!!!...

 

Le jour où le cadavre de Cody Pritchard est retrouvé, il aurait peut- être été possible d'imaginer un accident de chasse. Mais la blessure n'est pas de celles que ferait une arme classique : c'est plutôt l'œuvre d'une carabine de snipper de gros calibre, ancienne, utilisée par un tireur d'élite. Et quand Longmire fait le rapprochement entre le jeune homme mort et sa condamnation récente pour sévices sexuels, avec d'autres jeunes gens, sur une femme indienne, Mélissa Little Bird, à l'esprit fragile, il n'est pas loin de se demander si quelqu'un n'est pas en train de se substituer à une justice blanche qui a pu ne pas avoir toute la sévérité que les actes jugés auraient méritée.

 

Du moins de l'avis de certains. Dont Longmire.

 

Et aussi bon nombre d'indiens de la réserve.

 

Nous voilà transportés dans un far west qui a encore toutes les sonorités des films en noir et blanc même si les acteurs ne se promènent plus à cheval mais en camion Toyota.

 

Ils gardent quand même le Stetson rivé sur la tête et, pour ce qui concerne le shérif, son étoile sur la poitrine et son artillerie au grand complet au bureau ou dans son véhicule.

 

Il y a aussi les abords des Montagnes Rocheuses qui se couvrent de toutes les couleurs des plus superbes soleils couchants que vous pouvez imaginer, qui abritent des lacs où pêcher dans la plus extrême solitude et des forêts où chasser avec des armes comme seuls les américains donnent l'image d'en posséder.

 

Il y a les peuples autochtones, parqués dans les réserves, qui tentent de survivre au milieu de la plus belles indifférence - quand ce n'est pas de l'animosité - des populations blanches qui les ont spoliées, brisées et dénigrées, ce qui justifie aujourd'hui de ne voir en eux que des gibiers de potence responsables plus de provoquer des troubles que de les subir. Alors quelle justice pour eux ?!

 


 

Il y a cependant des amitiés indéfectibles entre « blancs » et « rouges » qui permettent de conserver quelque espoir.

 

Il y a des actes de bravoure.

 

Il y a des amours aussi intenses qu'impossibles.

 

Et, cachés dans l'étui de cuir orné de plumes de hibou qui protège le vieux Sharps .45-70, la carabine des Morts, il y a les esprits des Vieux Cheyennes qui continuent à veiller sur les vivants depuis le Pays des Morts. Dont le hibou est le messager.

 

Et, au milieu, flotte le visage triste mais entouré par les siens de Mélissa.

 

Un polar, c'est une ambiance. Il est manifeste que celui-ci est un très bon polar !