Mais qui veut raser la cité des Rosiers ?

Nicolas Gary - 20.09.2019

Livre - Touche pas cité - Caluan roman - Cité rosiers


ROMAN ADO – Si le HLM de Renaud était blème à en mériter une chanson, la Cité de Lili-Belle vaudrait bien un poème. Depuis toujours, celle qui est devenue une adolescente, rase les murs et parle peu aux autres jeunes du quartier. Plutôt farouche, comme jeune femme. Mais quand des types en costume discutent devant l’une des barres d’immeuble, le cœur s’emballe…



Depuis quelques jours, Lili-Belle les a vus, elle les a rencontrés — presque d’ailleurs a-t-elle entendu leur conversation : quelques bribes suffisantes pour provoquer un mouvement de panique. Ces types, sortis de nulle part, avec le maire, envisagent-ils sérieusement de raser la Cité des rosiers ? Pour la remplacer par quoi en fait ? Et les habitants, les actuels locataires, que deviendront-ils ?

Ce n’est pas que Lili-Belle — ou Lili-Moche, suivant les gens qu’elle croise — s’y soit particulièrement impliquée dans ces murs de béton. Mais enfin, vous savez ce que c’est : la force de l’habitude, on finit par y trouver du charme à son quartier, à y avoir ses repères. Et puis, on croise des têtes familières, même s’il s’agit des deux stupides idiots Arthur et Liam…

Le sang de Lili bouillonne : la voici changée en inspectrice, qui ne rechigne devant rien : même sortir le chien de la vieille acariâtre, madame Ursule. Tout cela pour profiter un instant de la vue imprenable de sa fenêtre sur les manigances de ces men in black… Elle se lie même d’amitié avec le concierge, et sortant les violons pour la grande scène du 4, elle tente de lui extorquer des informations.

Tout est bon, pour Lili-Révoltée à l’idée qu’on puisse détruire les tours, chasser les gens, et pour quoi, au final ? Cette cité, avec ses petits travers, pourquoi la changer ?
 
Roman très bien mené, avec une héroïne qui n’a finalement pas froid aux yeux, le livre de Calouan et Gaël Henry — celui qui signe les illustrations toujours assez comiques — est un petit plaisir de lecture qu’on ne se refuse pas. Une adolescente partie bille en tête pour défendre un quartier qu’elle n’appréciait pas particulièrement… 

Parce que l’adolescence, c’est avant tout la recherche de cause et de principes à défendre : ceux que l’on fait siens, en priorité, et qui donnent une existence, un sens à la vie durant une période charnière. 

Sans tabou, sans idées reçues, Touche pas à ma cité offre quelques heures d’un récit parfois émouvant, toujours sur les pas de Lili-Belle. La narration à la première personne nous plonge dans la tête d’une ado un peu sauvage, voire farouche, qui mobilise tout un quartier qu’on aurait cru dénué d’âme. 

Dans Verset IV, la Fonky Family chantait : « La solidarité j’crois qu’il y a plus que ça pour nous sauver… » Tellement juste... De ces textes qui font du bien, tout simplement.



Calouan, illustrations Gaël Henry — Touche pas à ma cité — Gulf Stream — 9782354886967 – 12,50 €
 


Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.