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Marie Ginet et Philippe Fumery dans La Main aux Poètes

La rédaction - 08.03.2017

Livre - Dans le ventre de l’Ange Marie Ginet - Lune douleur suivi de Carlux - Philippe Fumery


Depuis 2009, Jean Le Boël a publié dans une collection riche et plurielle, La Main aux Poètes, plus de 70 titres : J.-B. Pedini, Cécile Guivarch, Max Alhau, Arlette Chaumorcel, Bénédicte Lefeuvre... En poésie, c’est assez rare pour qu’on le souligne. Par cette main tendue en région, Jean Le Boël a su accueillir, aux côtés d’aînés confirmés, des jeunes poètes qui ont pu « commencer à exister en tant qu’auteurs ».

 

Le troisième recueil de Marie Ginet propose principalement des poèmes écrits au printemps 2014 sur la péniche Ange Gabriel durant un trajet entre Namur et Béthune, ainsi que quelques autres poèmes, échos de ses voyages ou de ses haltes.

 

 

 

Il s’agit de poèmes au long cours, aux métaphores maritimes et végétales : « Peupliers ouvrant leurs feuilles contre l’averse » où l’auteure procède par petites touches, sans rien occulter des paysages de canaux glauques, « aux relents d’égout » et de friches industrielles traversées. Même si « par le hublot passe le monde » scande encore l’auteure qui délivre aussi des images qui ensoleillent cette grisaille.

 

« Un voyage lent, loin des villes, rythmé par le passage des écluses », « à la lisière de la joie et de son envers ». Après Souffles nomades (2010) et Pulsation (2014), Marie Ginet offre des poèmes plus apaisés, qui font l’éloge de la lenteur et de « la vie saturée de délicatesse ». Philippe Fumery, lui, apparaît comme un poète du dévoilement.

 

 

Dans Lune douleur, il crée un climat en peu de mots, avec de courtes évocations sensibles renouant peu à peu les fils de la mémoire d’une enfance dunkerquoise : « Le vent fort depuis le canal/le parapet sur le pont Lefol. » Dans Carlux, ce poète proche de la nature évoque l’histoire d’une relation amoureuse.

 

Lyrisme bref, pointilliste, où les images redessinent « dans une chambre inondée de soleil » une sensualité envolée, mais toujours vive : « La lumière baigne le galbe de ses hanches/tes mains ne pouvaient les quitter. » À l’instar de Paul de Roux, Philippe Fumery cherche à « entrevoir », à refaçonner l’or des souvenirs. « La pénombre y est plus douce. »

 

Dans le ventre de l’Ange... Marie Ginet

Lune douleur suivi de Carlux Philippe Fumery

 

François-Xavier Farine

 

en partenariat avec le CRLL Nord Pas de Calais