Marjorie Hillis, Les Hommes peuvent attendre

Clément Solym - 02.01.2008

Livre - Marjorie-Hillis - Hommes - peuvent


La femme affairée, plaisantez pas j’en ai une qui traîne jamais trop loin du PC, devient en vogue. Mais il paraît qu’un prédateur plus sournois encore lui fait de l’ombre, d’après une étude sur laquelle je suis tombé récemment : la femme célibataire.

Pourtant, dans son bouquin, Marjorie ne les place pas sur un piédestal trop conséquent. Peut-être parce que justement, en 1930, le célibat féminin n’avait pas le même éclat qu’aujourd’hui. Peut-être également parce que les femmes célibataires ont de nos jours une sorte d’aura d’indépendance que justement Marjorie revendiquait pour ses consœurs de l’époque.

C’est que dans Les hommes peuvent attendre, on inventorie foule de bons conseils pour ne pas sembler seule, pléthore d’astuces pour être toujours occupée et ne pas avoir une seconde sur laquelle se lamenter. En fait, on y dépeint la femme moderne, plus assignée à son rôle reproducteur ou de robot ménager : elle s’exprime comme elle le sent, boit du gin et du whisky au besoin et vit pleinement son célibat comme n’importe quelle autre activité de la journée.

Et toutes ces recommandations pour bien vivre cette période, que l’on invite à ne cependant pas trop prolonger, sont ponctuées d’exemples empruntés à l’entourage de l’auteur, qui semblent autant de lieux communs criants de vérité. Nous avons tous connu une tata Paulette, seule, véritable boulet familial qui rendait les tables caduques lors des repas de famille, parce que veuve, divorcée ou vieille fille.

Et si cette tata-là avait lu le livre de Marjorie, elle y aurait puisé une mine, drôle et souriante, de choses à faire : dès lors, ce n’est plus elle qui aurait été seule, mais nous qui aurions été trop nombreux.

Bref, un petit livre tout attendrissant, qui vaudra largement les rubriques des magazines féminins, l’humour et le mordant en plus.