Mexicali City Blues, Gabriel Trujillo Munoz

Clément Solym - 07.10.2009

Livre - Mexicali - City - Blues


Troisième épisode des aventures mexicaines de Miguel Angel Morgado, l’avocat des faibles et des nécessiteux et, accessoirement, un fouineur talentueux que nul ne répugne à solliciter.  Aujourd’hui, c’est une amie d’enfance qui peine à lui raconter le fin mot de son souci dans cette chambre d’hôtel où elle tourne et retourne, enragée.

C’est vrai que cela le perturbe de voir, là, Cécilia Montaňo. Car cela fait ressurgir des vertiges de ce passé où, au lycée, il en était quand même bien amoureux. Un vrai, grand, beau premier amour. Et même s’ils ont fini par rester définitivement des amis fidèles, Miguel conserve un peu de mal à l’entendre parler de Jesus Bull Aguire, son mari, ex-pilote d’hélicoptères de la Navy, connu de tous les milieux scientifiques pour avoir brillamment participé à des expéditions dans le monde entier, récemment recruté par le Partido Naturalista Mexicano pour une classique mission de recensement photographique des cactacées millénaires de la péninsule de Basse-Californie, préalablement à un projet de protection d’une espèce aux individus gigantesques.

Jesus Bull Aguire qui n’est pas revenu, ni lui, ni le biologiste, ni le photographe qui l’accompagnaient, ni l’hélicoptère, à l’issue de leur troisième sortie.

Alors, voir poindre des larmes au coin des beaux yeux de Cécilia suffit à lancer Morgado sur la piste. En souvenir du premier baiser. En souvenir de tout ce à quoi il vaut mieux qu’il arrête de penser quand elle est là, si proche de lui.

Les Allusifs nous gâtent : troisième épisode depuis le début de l’année, voilà un rythme dont j’ai peine à croire que Gabriel Trujillo MUNOZ va le soutenir sur le long terme ! Ceci étant, ne boudons pas notre plaisir ! Ce troisième bref polar est dans le droit fil des deux précédents épisodes avec les mêmes qualités (qui compensent très largement), les mêmes défauts.

Comme je l’évoquais à propos de Loverboy, Morgado continue à y prendre une certaine envergure et beaucoup plus de relief : son passé remonte, par bribes, à notre connaissance et il devrait finir par nous devenir aussi familier que Colombo, sa femme, son chien et sa Peugeot ! Et cela se peaufine déjà avec Tijuana City Blues.

Les maux profonds du Mexique sont également encore au rendez-vous, omniprésents d’ailleurs. Et notamment cette proximité avec les États-Unis au Nord et l’Amérique du Sud (au Sud bien sûr !). Donc un pays qui est une voie de passage pour toutes sortes de denrées.

Et la chasse qui est lancée derrière les diverses organisations impliquées dans certains commerces juteux ne donne pas dans la dentelle. Au prétexte d’efficacité, ceux qui devraient avoir pour rôle la sauvegarde de l’ordre s’avèrent parfois avoir des méthodes un peu déroutantes, si on veut rester dans l’euphémisme.

Au milieu de tous ces leurres qui sont lancés par tous les protagonistes qui s’infiltrent les uns les autres et jouent au chat et à la souris, Morgado poursuit son enquête et a bien du mal à démêler le bon grain de l’ivraie.

Mais pour cesser de voir couler des larmes sur le beau visage d’un amour d’enfance, que ne ferait-il pas ?


 

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