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Mon Allemagne, de Andrzej Stasiuk

Saragosse Michel - 19.05.2010

Livre - allemagne - Andrzej - Stasiuk


Solitaire dans une contrée étrangère et froide…

Andrzej Stasiuk écrivain polonais né en 1960, est amené à traverser l’Allemagne pour divers colloques et conférences. Il en rend compte dans un récit à la première personne. Un pays prend forme sous nos yeux, principalement par le réseau ferroviaire, mais aussi autoroutier et aéroportuaire.
 

« On voit du haut du pont l’enchevêtrement des voies, les tours et la centrale électrique, et que tout cela est grand… comme une allégorie de Babylone. »

Un trafic, un quadrillage, une terre vue comme de haut et s’en rapprochant de plus en plus jusqu’à apercevoir les petits êtres qui y évoluent. Une mise en abyme même avec le train miniature à la gare de Francfort. Un carrefour, un passage, un croisement…

« C’étaient des banlieues, des ponts et des viaducs qui donnaient sur de lointaines perspectives industrielles illuminées par la lumière surnaturelle des lampes au mercure et au sodium. »

Transports, traversées, gares et correspondances, hôtels, sirotant du Jim Beam. Paysages défilant, nuits où les caractéristiques de l’âme allemande, solitude, mélancolie et nostalgie engendrent des élans de poésie sombre et inquiétante.

Andrzej Stasiuk déborde du cadre, englobe aussi les voisins alémaniques tels que l’Autriche et la Suisse. Et nous parle de son côté slave, jusqu’à imaginer un voyage transsibérien.

« Les environs de la gare, un dimanche matin, avec des lambeaux de papier hygiénique taché de sang sur le trottoir et des types qui sont au café dès huit heures, les yeux rivés sur la télé suspendue au plafond. »

Aux seuils et aux alentours de ces portes, ces lieux de passage, ces vecteurs, ces intestins, ces transits, ces bouches qui crachent continûment toute une humanité et une faune. Si le marché est un ventre, le territoire est un appareil digestif et respiratoire.

© N.R.
« D’ailleurs, j’ai l’impression qu’avec le temps il y a de moins en moins d’allemands. Ils se volatilisent, ils disparaissent. Ils migrent vraisemblablement vers de meilleurs quartiers, toujours plus cossus et plus tranquilles… Ils vivront en forêt noire, par exemple ! »

Même si ce n’est pas l’érudition gracieuse d’un W. G. Sebald, ou la plume alerte qui nous emporte de Nicolas Bouvier, le récit d’Andrzej Stasiuk se lit aisément dans un flux bien mené.

« Dans la lumière du couchant, j’ai contemplé un complexe pétrochimique, des réservoirs, des colonnes de rectification, du métal argenté scintillant, des panaches de flammes rouges au bout des hautes cheminées, puis les ailes blanches des éoliennes. »
 
 



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