Mon Américain

Cécile Pellerin - 25.09.2013

Livre - amitié - collège - mensonge


« Mes années collège », dirigée par Elisabeth Brami est une collection qui invite des écrivains à donner, à la première personne, la parole et une voix intime à des personnages de collège.

 

Marina est en quatrième, au collège Boris Vian à Paris. Un établissement à mauvaise réputation qui accueille principalement les classes populaires et peu aisées. Ses parents à elle sont employés dans un restaurant martiniquais, Le Créole. Il y a beaucoup d'agitation dans le cours de français de Mme Grodein lorsque le principal pénètre dans la classe accompagné d'un nouvel élève, un Américain, Jérémie Crew.

 

Plutôt mal habillé, il prête à la moquerie des plus indisciplinés, sans que cela ne l'affecte visiblement. « La prof se lève. Elle sent la vague qui monte et elle doit construire une digue avant le tsunami. » Lorsqu'il prend la parole, il étonne par ses connaissances et devient vite « l'intello » de la classe. Marina, elle, est sous le charme et lorsqu'il s'installe à ses côtés, son cœur s'emballe.

 

Atypique, le jeune homme est plutôt direct, « si on s'embrassait, pour faire connaissance ? » se livre peu mais décrit une famille bourgeoise et cultivée, voyageant beaucoup. « Un Américain + un lycée à Hollywood + parler trois langues + un père consul ou un truc du même genre + une mère écrivain = un résultat vachement lourd à digérer, d'où une preuve par 9 évidente : nous devons détester ce garçon qui nous en met plein la vue. »

 

Mais, après quelques jours, Marina se rend compte que ce jeune homme, décidemment très étrange, ne lui dit pas tout et a une vilaine tendance à mentir sur sa vie. Elle commence même à douter de ses sentiments pour elle, met ses parents dans la confidence et peu à peu, découvre une vérité qui la blesse et la désarme, sans pour autant lui ôter l'amour qu'elle lui porte.

 

Une histoire, au final, assez triste, surprenante, presque dérangeante, qui laisse le lecteur sur sa fin, pas convaincu et insatisfait, plutôt perplexe. La brièveté du roman ne semble pas répondre au mieux à l'histoire qui s'installe, présente des personnages attachants mais qui n'ont pas le temps de se dévoiler, de gagner en profondeur en une centaine de petites pages. Un goût de trop peu, c'est certain.

 

Car, le style utilisé, familier sans jamais tomber dans la vulgarité, vivant, proche de l'oralité et le rythme rapide font de ce livre, une lecture facile mais agréable, tonique et enjouée, souvent drôle également, notamment grâce aux expressions imagées, nombreuses et souriantes, parfois même poétiques, dignes d'être mémorisées et réutilisées.

 

Jean-Paul Nozière, enseignant de formation, se consacre désormais entièrement à l'écriture de livres pour adolescents et de romans policiers pour adultes. A ce jour, il a publié plus d'une soixantaine d'ouvrages.