My absolute darling : incest-icide

Mimiche - 27.04.2020

Livre - My absolute Darling - Gabriel Tallent - Gallmeister


ROMAN ETRANGER - Turtle, alias Julia Alveston, vit avec son père Martin dans une baraque assez sordide pas très loin de l’Océan Pacifique, au Nord de Mendocino en Californie. Son grand père Daniel vit aussi non loin de là dans un mobile-home aussi délabré. Pas de femme dans ce milieu : la mère de Turtle est morte sans que celle-ci sache très bien dans quelles circonstances. Et à quatorze ans à peine ses souvenirs sont incertains.
 


Seuls visiteurs dans la maison, des amis de Martin qui viennent faire un poker. Même Daniel n’y pénètre que rarement.

Julia, quand elle n’est pas à l’école, où ses résultats scolaires sont tout sauf satisfaisants au grand désespoir d’Anna, (l’une de ses professeures qui pressent pourtant en elle un certain potentiel), arpente les bois autour de la maison avec, à l’épaule, un des nombreux fusils dont dispose son père. Avec l’entraînement qu’il lui impose, elle est devenue une tireuse exceptionnelle au fusil aussi bien qu’au pistolet. Et avec toutes les réserves planquées dans la maison, ce n’est pas demain qu’elle va manquer de munitions pour exercer sa dextérité.

Au contraire de la cuisine qui est minimaliste...

Quand elle part au collège, tous les matins, son père l’accompagne au bord de la route pour y attendre le bus de ramassage scolaire dans lequel elle s’enferme dans son silence pendant tout le trajet. Tout comme elle s’isole pendant et en dehors des cours, totalement désocialisée. De toute façon, fille ou garçon à plus forte raison, son père ultra protecteur n’accepterait pas qu’elle ramène quelqu’un « à la maison ».

Et puis, protecteur n’est pas vraiment le bon mot. Dominateur serait plus approprié. Possessif. Exclusif. De manière bien plus que douteuse d’ailleurs.

Et s’il lui apprend comment survivre dans une fin du monde qui ne manquera pas d’arriver dans un futur proche, où la violence l’emportera partout et où le survivant sera celui qui mettra le plus vite une balle dans la tête de l’autre, Martin le fait dans des conditions où, jusqu’à présent, l’amour filial n’a jamais remis en cause l’amour paternel qu’il exerce sans aucune limite morale ou sociale.


Bon, de mon point de vue, et j’ai quand même fait l’effort de lire ce "truc" jusqu’au bout, surtout passez votre chemin ! Au grand galop !

Je n’ai pas encore compris comment François Busnel, qui s’est fendu d’une préface, a seulement pu entrevoir, après Stephen King, « un chef d’œuvre » dans un tel livre dont je pense que, si l’auteur a mis huit ans à l’écrire, l’éditeur aurait dû prendre quatre-vingt-huit ans de réflexion avant de l’imprimer et François Busnel huit cent quatre-vingt-huit ans de réflexion avant de le préfacer.

On le sait, les survivalistes sont des malades, des fous furieux qui sont armés jusqu’aux dents, ce que l’Amérique leur permet puisque les armes, et même les plus puissantes, sont en vente libre.

Débile ! L’homme n’a pourtant pas besoin de cela pour faire la démonstration de ses penchants les plus détestables. Dont ce livre fait le panégyrique sans aucune réserve.

On le sait, les incestes ne sont pas une peur irraisonnée, mais bien une réalité au moins aussi détestable et malheureusement aussi répandue.

Pas la peine de s’extasier devant ce texte qui ne le remet aucunement en cause et qui, face à la violence de l’oppresseur, ne laisse aucune chance à l’opprimé ou à quiconque aurait seulement une envie de tentation de début de commencement de potentielle intervention éventuelle.
 
Si tant est qu’elle l’ait fait, l’Amérique ne peut pas être fière de ce livre et encenser un tel récit comme certains chroniqueurs du Point, de Elle, de Télérama ou encore du Canard Enchaîné (qui a même osé imaginer « une lueur d’espoir » pour Turtle : là j’avoue avoir été prodigieusement déçu) et tant d’autres, ont eu la faiblesse de le faire est déplorable. Comment s’indigner du cas Matzneff, bien réel, et porter aux nues une littérature qui se vautre dans une bauge fort semblable — la fiction n’excuse pas tout !

Ce ne sont pas les quelques listes de plantes émaillant le texte et certainement issues d’un traité de botanique qui peuvent masquer le déballage jubilatoire de l’auteur dans les minutieuses descriptions de l’entretien des armes blanches ou à feu qu’il met entre les mains de Turle, ou encore les viols répétés et les brutalités aussi bien physiques que psychologiques sur une enfant totalement sous l’emprise psychique de son père. Rien ne masquera non plus l’indigence d’une fin de récit qui confine au vide sidéral.

Bref, j’ai détesté de livre (et ceux qui l’encensent) et n’accorde aucun crédit à quiconque prétend y voir autre chose que l’immensité de la bêtise humaine.

[ NDLR : retrouvez une lecture différente de ce texte dans cette chronique


Gabriel Tallent, trad. Laura Derajinski – My absolute darling – Gallmeister – 9782351787205 - 11,70€


Commentaires
Je viens de terminer cette merveille.

Peut-être avez-vous été perturbé par le sujet mais de là à dire que le livre est mauvais et sans histoire.

Ce qui est encensé, ce n'est pas la vie des personnes et la folie de certains américains. Je ne suis pas là pour juger les survivalistes mais le talent d'un auteur.

Je suis bien entré dans ce livre, choquant par certains aspects mais qui crée une ambiance propice au déroulement.

Je le conseille fortement.
Je comprends votre critique. J'ai lu le livre à sa sortie intriguée par l'avalanche de louanges. Je ne serais pas aussi tranchante, mais je n'ai pas compris ce concert de louanges et suis restée très réservée sur le contenu. Pour porter un jugement plus approfondi sur Gabriel Tallent, il faudra je pense attendre son prochain ouvrage !
Absolutely d’accord avec votre chronique.j.ai trouvé ce livre détestable
OK, et la qualité littéraire du truc ?
Ne lisez surtout pas "Les bienveillantes" de Jonathan Littell qui encense un nazi ni "American Psycho" de Bret Easton Ellis qui fait l'apologie des tueurs en série... Par contre à l'occasion, cherchez quelles sont les fonctions de la littérature, ça peut aider à comprendre certaines oeuvres...
Merci des recommandations de non lecture. Je vais les suivre sans aucun doute.

Quant aux fonctions de la littérature, je creuserai le sujet car la remarque est pertinente avec cependant un bémol: je ne peux en aucun cas considérer ce livre comme de la littérature.
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My Absolute Darling

de Gabriel Tallent

À quatorze ans, Turtle Alveston arpente les bois de la côte nord de la Californie avec un fusil et un couteau pour seuls compagnons. Mais si le monde extérieur s’ouvre à elle dans toute son immensité, son univers familial est étroit et menaçant : Turtle a grandi seule, sous l’emprise d’un père charismatique et abusif. Jusqu’au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qu’elle intrigue et fascine à la fois. Poussée par cette amitié naissante, Turtle décide alors d’échapper à son père et plonge dans une aventure sans retour où elle mettra en jeu sa liberté et sa survie.

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