New York N°2 de Laird Hunt

Clément Solym - 21.02.2011

Livre - attentats - septembre - terroriste


Henry, un gars un peu paumé après le grand drame américain des Twin Towers, a rencontré, dans les rues de New York où il traîne une vie bancale, une fille superbe, Tulip. Celle-ci lui a présenté un ami à elle, un vieux Monsieur, Aris Kindt. Aris est un vieillard un peu étonnant, au passé assez mystérieux et aux activités un peu louches.

Ce qui tombe plutôt bien puisque, à l’époque de leur rencontre, Henry a pour métier essentiel celui de voleur, car voilà quelque temps déjà que sa vie part à vau-l'eau, que ses amies l’abandonnent tout comme ses emplois normaux, que sa vie est aussi fracassée que les tours jumelles.

Aussi, Henry, fasciné par cet étrange vieillard, ne tarde pas à se laisser séduire et accepte de rejoindre l’étrange petite troupe qui gravite autour de Monsieur Kindt lequel organise - ou tout au moins, préside à l’organisation - de meurtres fictifs. Une activité que Monsieur Kindt, un invétéré mangeur de harengs (!!!???) , rémunère de manière particulièrement large. Chose qui n’est pas pour déplaire à Henry qui fait d‘ailleurs preuve de beaucoup de bonne volonté et de belles aptitudes.

Laird HUNT fait évoluer ses personnages dans un New York très sombre qui ne se remet pas de la chute terrible de ses deux tours.


Henry s’y égare dans des mondes qui semblent parallèles et où se côtoient des personnages bien réels et des faussaires travestissant la réalité dans un schéma où plusieurs de ces réalités se superposent sans traces de véritables limites.

Le tableau de Rembrandt, La Leçon d’Anatomie (un petit voleur arrêté et pendu y est disséqué) y figure un élément essentiel du décor autour duquel les personnages gravitent. Des personnages au moins aussi sombres que Aris Kindt ou que les rues de New York où ils déambulent, sinon plus inquiétants encore et qui concourent à faire glisser, par moments, la narration dans une ambiance aux relents de polar : de Cornélius qui intervient aussi dans l’organisation des meurtres au Docteur Tulip qui pratique des opérations qui ressemblent fort à la Leçon de Rembrandt.

Cette Docteur Tulip qui n’en finit pas de poser des questions à Henry. Des questions qui, pour lui, n’ont pas de réponse ou bien qui ont plusieurs réponses toutes aussi vraies ou fausses les unes que les autres, car, dans la vie, « rien ne se passe jamais de la façon dont vous les racontez ».


C’est un acharnement à égarer son lecteur qui semble guider Laird HUNT dans son récit. Il emmêle les histoires les unes dans les autres un peu comme des poupées russes qui laissent apparaître à chaque étage, une nouvelle réalité encastrée dans la précédente.

Et toutes ces droites parallèles finissent par se croiser enfin pour dessiner une encore nouvelle réalité qui laisse planer un nouveau doute, car « la falsification (…) se cache au sein de toute chose ».

Un livre déroutant et, par certains côtés, assez éprouvant parce qu’hermétique malgré quelques clefs fournies par l’auteur dans les Remerciements qui closent cette lecture par un point d’orgue. Certainement assez difficile à débroussailler pour en arrêter beaucoup bien avant la dernière page.


Retrouver New York, tome2, neuf ou d'occasion