Nos étoiles contraires

Eli Esseriam - 28.02.2013

Livre - adolescence - maladie - cancer


Si on vous dit que ce bouquin parle d'adolescents qui ont le cancer, tout de suite, comme ça, vous n'avez pas trop envie de le lire, n'est-ce pas? Vous vous imaginez des petits jeunes chauves, sans sourcils, blafards et nauséeux. Bref: une soirée devant le téléthon. Mais vous auriez tort de vous priver de cette lecture. Car voilà le récit de la rencontre d'Augustus et d'Hazel.

 

Elle se fait lors d'un groupe de parole pour cancéreux , ce qui nous place loin, très loin de l'ambiance “adopteunmec.com”. Hazel a 16 ans, son cancer de la thyroïde a fait des petits dans ses poumons et, très concrètement, elle est foutue. Augustus, lui, avait une tumeur sur la jambe mais ne l'a plus. Sa tumeur. Et sa jambe. Entre eux, tout va très vite. Peut-être parce que, lorsqu'on se sait condamné, la plus jolie des amourettes a des airs d'éternité.

 

Bon, bon, bon. On ne va pas tergiverser, Nos étoiles contraires est un très beau livre. John Green ne tombe dans aucun piège, aucune facilité. Alors qu'un téléfilm de M6 aurait traité le sujet avec pathos, mièvrerie et ridicule, cet écrivain nous propose une histoire touchante, drôle, crue, poignante, subtile, forte, j'en passe et des meilleures. Les portraits sont réalistes, les émotions, vraies.

 

L'auteur ne nous inflige aucun poncif, pas la moindre morale, n'écrit jamais que “la maladie, c'est trop pas juste, merde”. Mais il ne nous épargne pas non plus, ne nous ment jamais quant à l'issue des choses et aborde avec simplicité les chose de la vie. Et de la mort. Lisez ce bouquin avant la votre, c'est mieux.