Observer, ressentir, éprouver son propre souffle

Auteur invité - 07.02.2019

Livre - Carnets de la mer d’Okhotsk - poesie deambulation récit - Japon Le mot et le reste


ESSAI LITTERAIRE - Qui a entendu parler de la sauvage et souvent glaciale mer d’Okhotsk, dans l’océan Pacifique ? Mentionnons quelques noms plus connus : l’île de Hokkaido au sud, celle de Sakhaline à l’ouest, ainsi que la côte de Sibérie…

 

Si son nom provient d’une ancienne colonie russe, nous sommes ici au Japon en compagnie poétique de Nadine Ribault. Forcément au Japon ! Pays apprivoisé (si possible ?), par l’autrice partageant sa vie entre la Côte d’Opale dans le Pas-de-Calais et l’archipel secoué de spasmes, depuis une vingtaine d’années.

Ainsi jamais loin de la mer, de ses frissons et de ses tempêtes (« les galops des bourrasques et les saccades dangereuses » qu’affrontent les goélands, dit-elle). Ces Carnets font suite à ceux « de Kyôto », « de la Côte d’Opale », mais aussi « des Cévennes » et « des Cornouailles » publiés depuis 2012 par la prolifique artiste qui poursuit aussi sa série de collages, exposés notamment à la galerie L’espace du dedans à Lille.

Nadine Ribault affirme se consacrer à l’écriture « en retrait ». De la société des humains et du spectacle, sans doute, elle qui refuse que des photos d’elles non maîtrisées circulent sur Internet.
 
Mais certainement pas de la nature, à laquelle elle ne cesse de se confronter dans ses livres, qu’il s’agisse de nouvelles ou de ces carnets-déambulations. Nadine Ribault déteste la nature domestiquée pour les touristes. Chez elle, le paysage veut ou non les hommes, et non l’inverse. S’y confronter est une « mise à terre ». C’est « l’ineffable qui nous dépasse ». Comme la blancheur des glaces dérivantes. Une silencieuse forêt de bouleaux posée sur un impassible manteau de neige et nous voilà relisant Melville et ses lignes sur l’ensorcellement de la blancheur, dans Moby Dick.
 
Lire Nadine Ribault parmi ces paysages énigmatiques et oniriques, c’est accompagner une « fée aux lèvres gercées qui passe telle une entaille de piquant d’oursin » non loin de vous, et vous « leste de cicatrices ». L’écrivaine aurait pu se rendre là-bas en été, elle a choisi février pour honorer ce rendez-vous avec un inconnu blanc, « inexotique » au possible.

   
 
 
Nadine Ribault – Carnets de la mer d’Okhotsk – Le mot et le reste – 9782360545612 – 13 €



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Pour approfondir

Editeur : Le Mot Et Le Reste
Genre :
Total pages : 104
Traducteur :
ISBN : 9782360545612

Carnets de la mer d'Okhotsk

de Nadine Ribault

Des étendues de glace et de neige, des touffes de végétation brûlées, un sable noir. Le silence, le seul véritable silence, et la mer. Noire, calme, profonde, forte, une mer de marbre, immense et dure, la mer d'Okhotsk. Un bâtiment public sur la côte hivernale du nord de l'île de Hokkaidô comme refuge, ou point de départ aux déambulations songeuses et poétiques de Nadine Ribault. Apprivoiser cet espace infini, s'y lier, embrasser le tragique du lieu, se confronter à l'inconnu, au rugueux. Puis, marcher sur la glace du lac Saroma, traverser la mer des glaces, surplomber l'abîme depuis le cap Notoro, arpenter la forêt de bouleaux de la péninsule de Shiretoko en sa compagnie. 

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