On achève bien les écoliers, de Peter Gumbel

Clément Solym - 28.01.2011

Livre - irritabilite- - nervosite - eleves


Peter GUMBEL, journaliste anglophone et certainement un peu francophile, est installé à Paris. Peut-être est-il tellement francophile qu’il en est devenu un peu Français.

Ce qui l’incline à considérer que le débat sur l’école de France dans laquelle ses deux filles se trouvent intégrées, est au moins autant le sien que celui de tant de locaux qui s’en désintéressent ou de tant d’intellectuels, politiques, penseurs, politiciens qui, eux, voudraient éventuellement en faire un tremplin personnel, un terrain d’essai voire un simple laboratoire (dommage que le matériau de base soit l’humain !).

Partant du constat que les grandes ambitions de tous les grands réformateurs qui n’avaient d’autre but que « l’éducation du peuple » n’ont conduit qu’à une réalité bien « éloignée de ces nobles idéaux », il met les deux pieds dans le plat et plonge un regard interrogateur sinon inquisiteur sur une école qui n’atteindrait pas (je m’arroge le droit du conditionnel, car je n’ai pas eu le courage de consulter les diverses références sur lesquelles il appuie son propos) « le même niveau de résultat que dans une grande partie de l’Europe et du monde développé ».

Alors, bien que clairement convaincu que « d’innombrables tentatives ont essayé (de) répondre » à ces « questions (qui ne sont pas) nouvelles », il devient plus Français que les Français et fait sienne cette « véritable obsession » qu’est l’éducation.

De constats en comparaison, de résultats de tests en expériences particulières dans certains pays, il arpente allègre (...)ment les travers du « mammouth », qu’il ne cherche pas obstinément à « dégraisser », mais auquel il propose des tas de pistes merveilleuses qui ont atteint et démontré leur plein succès, ailleurs, mais qui, semble-t-il, n’ont cependant pas conduit à une généralisation systématique dans leurs différents pays d’origine.

Le propos est alerte, la plume est aisée et parfois un peu acérée, le sujet est largement documenté (comme je l’ai dit plus haut, je n’ai cependant vérifié aucune des sources), le ton est convaincu. N’ayant aucune compétence sur le sujet, je me garderai bien de juger sur le fond bien qu’il n’ait pas totalement réussi à me le faire trouver nombre des ses exemples, de ses propositions, par tous les côtés, totalement convaincants, voire totalement réalistes.


En tout cas, il débroussaille un certain nombre de pistes de réflexions qui mériteraient quand même que d’autres que lui s’y attardent aussi, les écoutent, les jaugent, les envisagent et puis... en fassent le meilleur usage. Mais dans un débat dédramatisé et dans une perspective rassérénée, calmée et sur un vrai long terme.

Je ne peux cependant qu’être d’accord avec lui sur le fait que la multiplication (la valse faudrait-il dire) des ministres de l’Éducation nationale, non content d’être le témoignage d’une errance préjudiciable au résultat, ne peut que donner une image écornée de la valeureuse mission de ce ministère.

Une infime partie de son propos ne contribuerait-elle qu’à une amélioration proportionnelle de la situation, justifierait en soi que ce livre soit lu pas le plus grand nombre.

Déjà, cela permettrait de constater qu’un anglophone est capable d’écrire en français bien mieux que nombre d’autochtones ne sont seulement capables de le parler. Et, de ce seul point de vue (que j’ai de plus en plus le sentiment de ne partager qu’avec des dinosaures de mon genre, mais, ce n’est pas grave, je persiste), force est de constater l’ampleur du chemin à parcourir pour ne pas confirmer définitivement le désastre annoncé, sinon avéré par les différentes sources citées par Peter GUMBEL.


On achève bien les élèves, neuf ou d'occasion

Existe également en version numérique