On the sunny side of the street, Jean-Paul Chabrier

Clément Solym - 03.12.2008

Livre - sunny - side - street


À quinze ans, Billie, se retrouve sur le ferry qui la ramène vers New York par delà l’East River après avoir purgé sa peine à Welfare Island. Après tous ses mois de prison, elle va enfin retrouver sa mère et lui promettre tout ce qu’elle voudra. Et surtout de se tenir définitivement à carreau



Charlie a sauté dans un taxi dès sa descente d’avion et a demandé au chauffeur de l’emmener dans le centre de Cincinnati. Il ne se souvient plus très bien, mais il doit jouer avec ses potes dans un rade quelque par ?! Et d’ailleurs, est-ce à Cincinnati ou bien à Milwaukee ? Son saxophone à la main, il entre dans le coffee shop devant lequel le taxi l’a déposé.



Dommage ! Vous n’avez que très, très peu de chances de trouver ces deux nouvelles de Jean Paul CHABRIER, car son éditeur (l’Escampette) l’a sorti « hors commerce » en 2003 ( !!!) pour les dix ans de la maison d’édition et pour l’achat de deux ouvrages de son catalogue. Dommage, car ces deux petites nouvelles extrêmement enlevées sont un délice, un bonbon sucré !

D’abord Billie ! LA « Billie » ! LA « Lady Day » de Lester Young ! Une immense voix du Jazz . Cette voix dont Jean Paul CHABRIER écrit qu’en 1930, au Pad’s and Jerry’s, dans la 133ème rue, elle se mit à chanter Trav’lin’ All Alone.

Et « la salle fit silence ». Ces quelques lignes râpent autant que tous ses enregistrements. Elles ont la même suavité, mais aussi la même déchirure d’une vie de galère. Être noire aux États-Unis entre 1915 et 1959 ! Rien à voir avec l’actualité récente (même s’il a dû, lui aussi, en baver !). Lire ce texte âpre et écouter Bille !

Quant à Charlie, vous vous en doutez bien, c’est de Charlie Parker dont il s’agit ! Le sax ténor ! Celui dont le phrasé a fait écrire les articles les plus extrêmes.

Là, le texte est comme l’homme ! Un peu déjanté ! C’est cette musique folle qui va où elle veut et nous entraîne sur des chemins inconnus, immenses, prodigieux ! Des chemins qui sont aussi, comme la voix de Billie, un tournant du Jazz, un tournant de l’Histoire du Jazz. La ligne mélodique aérienne de Bird. De l’oiseau, dans une improvisation continue. Il plane. Au dessus du réel, au dessus de la musique, héroïne intemporelle de sa vie.