Où étiez-vous tous ? de Paolo Di Paolo. Figer les belles choses avant qu'elles disparaissent

Mimiche - 17.03.2016

Livre - Littérature italienne - famille - Berlusconi, Silvio


Mario Tramontane vient de prendre sa retraite et voudrait bien, maintenant, trouver un éditeur qui accepterait de publier l’ouvrage qu’il a écrit. Mais le sujet est de nature assez confidentielle et les refus se multiplient.

 

Au retour d’une nouvelle tentative infructueuse, Mario renverse Marangoni Thomas, un de ses anciens élèves avec lequel il a toujours eu des relations conflictuelles en classe.

 

L’événement crée un bouleversement au sein de la famille où un fragile équilibre n’attendait que cela pour se déstabiliser.

 

Anita, sa fille, balance entre son père et Marangoni Thomas dont la famille découvre qu’il est son petit ami.

 

Sa femme, depuis longtemps déstabilisée par une lettre anonyme accusant son mari d’avoir fauté avec une collègue lors d’un voyage scolaire, abandonne le foyer familial pour rejoindre une tante en Allemagne après avoir appris que l’auteur présumé de la lettre serait le fameux Marangoni !

 

Son fils, Italo, le narrateur, peine à faire valider le thème de son mémoire d’Histoire par son professeur à l’Université.

 

Dans une Italie rythmée par la politique berlusconienne, l’histoire familiale tangue quand une plainte de la famille Marangoni conduit à l’ouverture du procès de l’ancien professeur.

 

 

 

Autour de l’histoire de cette famille un peu troublée par un événement inattendu, Paolo di PAOLO digresse sur divers sujets.

 

Que connaît-on réellement des gens qui nous entourent ? Fussent-ils le cœur de la famille ? Qu’était ce père avant même qu’il eût connu celles qui deviendrait cette mère ? Que fait cette sœur quand elle prétend sortir avec ses amies ? Que pense cette mère après avoir reçu une lettre infamante ?

 

Comment tout ce monde s’accommode-t-il de divergences politiques familiales ? Comment les vagues de la politique nationale viennent-elles parfois submerger le fragile agencement de ces vies juxtaposées ?

 

Quelque part, c’est le constat d’une solitude et d’un isolement inévitable qui transparaît en contre jour de ces moments de vie commune dont le caractère fugace est une évidence.

 

Et bien plus qu’une « radiographie des années Berlusconi » comme l’annonce la quatrième de couverture, c’est la difficulté de vivre ensemble qui est le fil conducteur de ce roman, la difficulté du partage de tous les instants de la vie avec leurs ombres et leurs lumières, l’impossible communion permanente, l’irrémédiable rareté des moments totalement partagés.

 

Quand Italo part en Allemagne où il pense retrouver une amie d’enfance alors que celle-ci n’a jamais quitté l’Italie, c’est encore le ratage complet d’une rencontre qui ne se fera pas.

 

Dove eravate tutti est bien la question de celui qui attendait des retrouvailles et qui s’est finalement retrouvé seul. Parce que tout est fugitif. Comme la neige à Rome. Comme les gens. Comme les choses. Comme les jours.

 

Finalement, il ne faut pas se fier aux quatrièmes de couverture. Elle m’avait promis quelque chose dans ce livre et j’y ai trouvé bien mieux.

 

Où étiez-vous tous ? de Paolo Di Paolo


Pour approfondir

Editeur : Belfond
Genre : litterature...
Total pages : 268
Traducteur :
ISBN : 9782714457110

Où étiez-vous tous

de Paolo Di Paolo

Un jour, l'adolescence prenait fin. Nous ne nous étions pas réveillés vieux ; moins impétueux, pourtant. Et d'accord, c'est normal. Mais nous étions aussi quelque peu défaitistes. Nous avions fait l'amour, passé des examens, laissé derrière nous quelques ambitions démesurées et stupides. Les choses pouvaient s'en aller, légères ou désespérées. On n'avait pas le temps de s'apercevoir (une minute de concentration aurait suffi) qu'en réalité nous n'avions jamais cru en rien. Jamais jusqu'au bout. Ne pas avoir expérimenté l'aveuglement pur et violent de l'idéologie avait-il été une bonne chose ? Peut-être.   Où étions-nous tous ? Quand avons-nous renoncé ?   Recenser, compiler, archiver coupures de journaux, photographies, souvenirs de famille ; retenir le temps ; figer les belles choses avant qu'elles disparaissent ; vivre, aimer, être soi-même.   Et, qui sait, participer à la marche du monde.

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