Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Page 99 : avec Une heure de silence, Koryta plonge dans le noir

Clément Solym - 15.11.2011

Livre - Koryta - silence - heure


Le pari est insensé, et fait rugir dans les campagnes, mais peut-on découvrir un livre en se penchant sur deux pages ? Existe-t-il une approche idéale des livres ? C'est ce que tente de découvrir notre rubrique Page 99, qui pioche deux pages de n'importe quel livre, pour en extraire la moelle, substantifique ou non…


Un peu de Policier aujourd'hui, avec le livre de Michael Koryta, traduit par Frédéric Grellier. Un livre qui poursuit les aventures de Lincoln Perry, détective privé au grand coeur, au point de se pencher sur une enquête qui va aller fouiller jusque dans les archives du FBI. Et surtout, en se mettant au service d'un ancien prisonnier, qui est passé par un centre de réinsertion, baptisé La Crête aux murmures.

 

Ça sent la peur, les sévices et autres joyeusetés à plein nez, surtout quand on découvre des ossements d'un époux dont la femme est portée disparue. Et que ce même jour, l'ancien prisonnier, Parker Harrison, fait appel à Lincoln, pour qu'il retrouve ladite épouse, Alexandra.

 

Ce qui est amusant, c'est qu'Alexandra dirigeait l'établissement de réinsertion, et qu'elle est aussi la soeur d'un caïd de la mafia. Ça suppure, ça suppure… Alors on fonce.

 

Page 69
On plonge presque in médias ers avec ce passage, un récit qui débute évidemment par un verre d'alcool - une bière, un bourbon - que Lincoln se fait offrir. Une tradition dans le polar, et qui assure généralement une écoute plus assidue de la part d'un détective privé.

 

Michael Koryta

On plonge ensuite dans l'origine de la disparition du mari d'Alexandra Cantrell, Joshua. Parents et fils n'entretenaient pas des relations idéales, mais se retrouver sans plus aucune nouvelle de leur rejeton les fait soudainement angoisser. D'autant qu'Alexandra a fait en sorte que le problème de leur maison soit rapidement expédié. Le tout sans avertir la belle-famille. Mais dans la mafia, on a ses habitudes.

 

Bon, bon, quelque chose d'assez classique, mais plutôt efficace, qui se conclut avec beaucoup d'à-propos par la conclusion des parents : « il s'était passé quelque chose de louche. » Et évidemment, c'est louche. Et avec une bière et un bourbon, le lecteur sera plus pris encore dans la louchitude du récit…

 

N'oublions pas que le texte est mené à la première personne… directement dans la tête de Linc'.

 

Page 99
Un peu douloureux, c'est un échange entre policiers : l'un se fait remonter les bretelles pour avoir oublié de communiquer une importante information, tandis que Lincoln observe la scène.

Pas grand-chose de très intéressant, cela dit, la séquence pose plutôt une ambiance entre cops qu'elle ne fait avancer quoi que ce soit. D'un autre côté, on est tout juste à un cinquième du livre, pas question donc d'en dévoile trop.

 

Petite note d'humour un peu grinçant, dialogue pas très captivant, mais clair sur la situation. Y'a un truc pas clair, qui remonte à bien longtemps, et qui pèse lourd sur l'atmosphère du moment. Lincoln est un fin psychologue, et a l'observation fine. Sur un échange pas spécialement trop subtil non plus.

 

Les promesses sont tenues, ça sent e glauque et les squelettes dans les placards.

 

Ça sent aussi la vase que l'on va remuer, et les ennuis que le petit Lincoln va s'attirer. Ça marche plutôt bien, en fait. De quoi attirer l'oeil, et l'attention. Quant à ceux qui connaissent déjà les aventures de Lincoln, ils ne seront probablement pas déçus...