Page 99 : L'Evangile selon Francy, d'Amanda Lind

Clément Solym - 11.10.2011

Livre - femme - enfants - travail


C'est émouvant, d'inaugurer une nouvelle rubrique. Surtout parce qu'elle marque une autre approche, plus efficace, peut-être, plus autocratique, sûrement. Selon une vieille légende du net, la 99e page de tout livre permettrait de se faire une idée de la qualité dudit livre ouvert. Or, une même légende court sur la page 69. Pas de jaloux, nous allons expérimenter les deux.

 

Le livre d'aujourd'hui est publié aux éditions First, traduit su suédois par Carine Bruy. Voyons si les pages respectives en feront un peu… De Francy, notre héroïne, on apprend assez vite qu'elle est mère de deux enfants, mais aussi chef de la mafia à Stockholm. Et qu'elle gère les problèmes de la vie familiale, avec les à-côtés que son boulot implique. Le thriller est annoncé comme « décalé et jubilatoire ».

 

En piste

 

P.69
Un dialogue entre Francy et son puy manifestement. Au sujet de son père. Qui tente de contrôler son travail, depuis qu'elle a repris « l'entreprise familiale ». Amusant, en effet. Puisqu'en guise d'entreprise, on parle donc de mafia. Et comme nous approchons de Noël, la problématique oedipienne familiale est à son comble.

 

Dommage que l'on soit gratifié d'une métaphore qui tombe à plat, sur les relations de familles semblables à « une compote pleine de morceaux ». Lesquels font tous envie, individuellement, mais ensemble ne s'accordent pas. Une spéciale à la comparaison qui suit, entre Christine et Francy, « comme du citron et du lait dans la même tasse de thé ».

 

Bon, la séquence n'est pas démente, mais ça reste honnête. Voyons la suite.

 

P.99
Séquence double, avec une certaine Grace qui s'apprêtait à donner de l'argent à un Anton, lequel est visiblement un camé, accro à une - ou plusieurs drogues. Se rendant compte des effets que la dope peut avoir sur Anton - et qui est manifestement commercialisée par Francy - Grace se ravise et préfère finalement conserver les 500 couronnes (pour mémoire, nous sommes en Suède, hein), qu'Anton aurait dépensées dans la drogue.

 

La suite, c'est un repas de Noël, chez Grace et Josef, avec autour de la table, justement, Francy et Christine qui « échangent des piques », durant le repas. Le reste de la tablée n'y met pas vraiment de bonne volonté, Josepf picole et les enfants sont saoulés par leur mère qui tente de leur expliquer le message de Noël. Du reste, deux beaux-frères qui ricanent, et tentent de trouver quelque chose pour passer le temps…

 

Pas non plus folichon, voire un peu entendu et convenu, le passage n'a rien de drôle ni de jubilatoire. Finalement, pour une femme qui devait être sortie d'un scénario de Tarantino, Francy n'en laisse pas vraiment présager la parenté. C'est plutôt bof, tendance bof moins, de ce que l'on peut ainsi en découvrir. Un mérite en tout cas : les pages sont aérées, et le texte ne souffre pas d'être tassé et rabougri. Et puis, il reste encore 422 autres pages à découvrir…

 

À vous de nous dire, si vous avez dévoré l'intégralité du livre...