Page 99 : L'origine du silence, de Jed Rubenfeld, direction les années 20

Clément Solym - 18.10.2011

Livre - Origine du silence - histoire - psychologie


Deux extraits, quelques commentaires, notre rubrique Page 99 dévoile aujourd'hui ce qui se trame dans les livres, que l'on ouvre pour vous, et rien que pour vous. Et comme toujours, plutôt que d se fier à la légende qui dit que seule la page 99 compte, nous prêtons foi à celle qui ajoute que la page 69 est tout aussi révélatrice…


Le livre du jour est publié chez Fleuve noir : L'origine du silence de Jed Rubenfeld, traduit de l'anglais par Carine Chichereau. Direction donc Wall Street, en septembre 1920, alors qu'un attentat vient de frapper, coûtant la vie de centaines de personnes. Un ouvrage suspens, qui mélange manifestement les regards, fait voyager un peu partout dans le monde, avec une rencontre inattendue, celle de Sigmund Freud, à Prague. Trois témoins de l'attentat, que nous allons donc suivre…

 

En route !

 

P.69
Scène rapide et efficace, avec six personnages, mais aussi violente - un mort au bout d'une dizaine de lignes, et rapidement son meurtrier neutralisé, d'un coup de crosse de revolver. Manifestement, cela se déroule dans une salle à manger, ou du genre, avec une cheminée. Une prise d'otage - une femme - qui se finit bien.

 

Pas mal de punch, les mouvements et les enjeux sont clairs, facile donc de se figurer la séquence. Une scène d'action assez classique, avec le méchant qui perd, et le gentil - policier - qui gagne. C'est vu et revu, mais bien tourné, aucun souci.

 

On délivre une otage visiblement épuisée, et tout se conclut dans un monde meilleur.

 

P.99
Alors là, ça se complique. Le passage donne quelques éléments sur l'apparition historique de la psychanalyse, et son déploiement un peu partout dans le monde. Mais si le terme « obusite » vous est étranger, il va être un chouia compliqué de bien suivre. Pour la faire simple, il s'agit de tous les troubles qui sont survenus chez les soldats qui sont revenus de la Première Guerre mondiale. Névrose, obsessions, et ainsi de suite.

 

Séquence plutôt tournée documentaire, et qui se clôt sur un personnage que l'on nous a promis de découvrir plus tard dans le récit : Sigmund Freud. C'est plutôt intéressant. On y cite Ernest Jones, véritable élève de Freud, tout en faisant état de la petite anecdote qui lui valut un séjour en prison pour des propos indécents tenus auprès de deux préados.

 

Finement renseignée, donc, mais difficile de vérifier si Freud fut réellement sceptique quant à l'application des théories psychanalytiques dont il était le fondateur, au syndrome de l'obusite. Dans tous les cas, c'est enrichissant, et solide, question documentation.

 

 

Ce qui fait qu'avec ces deux extraits, on se jetterait volontiers un peu plus loin dans la lecture - sans même savoir que Rubenfeld est un auteur de renom. Appâté, voire alléché… à tenter ! Évidemment, on ne retrouve que partiellement ce que nous annonce la 4e de couverture, mais enfin...

 

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