Page 99 : Les Dolce, La route des magiciens, de Frederic Petitjean

Clément Solym - 04.11.2011

Livre - magiciens - survivre - famille


Ah, manifestement, la Page 99 - et sa petite soeur, la Page 69, coquine - vous avaient manqué. Alors qu'à cela ne tienne, nous vous en reproposerons plus régulièrement. Allez, soyons fous : avec un peu de chance et beaucoup de travail, nous pourrions même organiser deux rendez-vous hebdomadaires. Mais, si, mais si… Page 99 et 69, ce sont deux outils pour savoir ce que vaut un livre en quelques extraits. Et quasiment infaillibles...


Bref, trêve de bavardages, qu'avons-nous sous la main ce matin. Frédéric Petitjean qui publie aux éditions Don Quichotte un roman plutôt puissant de 536 pages. Du volume, mais surtout de l'expérience, pour un bonhomme qui a durant 10 années écrit des scénarios pour films et films d'animation, dans des studios américains.

 

À consulter la quatrième de couverture, on a affaire à une histoire de magie, dans notre monde moderne, et plus précisément, d'une espèce nommée les Dolce. Qui ne sont plus que cinq de leur confrérie et qui cherche à se fondre dans la société, celle de Brooklyn plus précisément. Une famille étrangement unie, avec la discrétion pour mot d'ordre. Sauf que la petite dernière, pas très chaude pour garder le silence observé par la famille décide de faire tout sauter, et à son 11e anniversaire, déploie force de pouvoirs…

 

Et ne manque pas d'attirer les regards d'ennemis, dont on aurait préféré se garder.

Pas mal de promesses, et de fuite, sur fond manifestement d'écologie… En avant !

 

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Une plume assez sympathique, et plutôt agréable. Une langue chaleureuse, pour un dialogue qui expose quelques-uns des problèmes de la famille, tant dans sa survie - apparition de la terrifiante Guilde noire, un peu convenue tout de même - que dans ses petits travers - manifestement, le vol de biens est un squelette que la famille se trimballe.

 

Du reste, on fait connaissance avec un grand-père dont on nous avait averti qu'il perdait la tête, et qui la perd très amusement, avec des morceaux de phrases à la limite de l'écriture automatique.

L'enchaînement est agréable, fluide, pas d'à-coups violents. La famille s'est fait déposséder de quelque chose, le mystère plane, et l'ambiance est bien montée. Et même une petite démonstration de magie pratique, plutôt bien pensée : « Le canapé blanc commanda à ses coussins de se retaper pour recevoir l'aïeule. » On aime. On continue.

 

 Frédéric Petitjean

© Sophie Daret

Page 99
L'extrait a quelque chose d'un peu plus complexe. C'est un nouveau paragraphe qui débute, toujours avec le grand-père, décidément adepte de la sieste. C'est la petite diablesse de 11 ans qui vient chercher son grand-père, tentant de l'appâter avec une part de gâteau, alors qu'il semble préférer son repos et le calme.

 

Cela dit, dans son ascension, pas très claire, on est un peu perdu. Elle semble monter en utilisant la barbe du grand-père, mais tout cela ne coule pas de source. Il y a ensuite un petit élément sur l'univers : les sorciers ne parlent manifestement pas la langue humaine, et on leur langage à eux. Et le grand-père, définitivement très mystérieux, l'emploie plutôt que de recourir à la langue naturelle.

 

Tout cela le rend définitivement sympathique et l'on perçoit bien qu'il a quelque chose à cacher. Si la page est moins convaincante, ça reste assez captivant.

 

Un peu mitigé, mais avec un petit penchant pour la curiosité titillée par les deux extraits. Allez, on serait tenté de plonger, pour cette langue est bien maniée et un récit attrayant. Un doute sur les descriptions d'action, mais dans tous les cas, on est sacrément tentés…

 

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