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Pas de Pitié pour Martin, Karin Slaughter

Clément Solym - 19.05.2009

Livre - pas - pitie - martin


Les malheurs de Sophie nouvelle version ou comment apprendre à détester un homme de prime abord sans même le connaître, tel devrait être le sous-titre de ce « Pas de Pitié pour Martin ». C’est bien ce dont il s’agit ici, rien n’est épargné à ce pauvre Martin qui semble pourtant se complaire dans sa propre déchéance et son ridicule permanent.

C’est bien simple, Martin n’a tout simplement rien pour lui. C’est sûr, il ne pourra pas faire d’envieux. La quarantaine passée, son physique est telle celle d’une épave échouée dans un monde où il n’a pas sa place : entre visage ingrat et bourrelets à ne savoir qu’en faire. Inutile d’aller plus loin, inutile de s’attarder sur sa taille, son intellect et toute autre hypothétique qualité.

Son existence est celle d’un américain moyen on ne peut plus banal dans une bourgade traditionnelle américaine où tout le monde se connaît depuis l’enfance... Une vie qui sous ses apparences somme toute ordinaires se révèle être cruelle pour Martin. Il vit toujours chez sa mère qui fait de lui son souffre-douleur, sans ami, il est continuellement conspué par ses collègues de bureau. Quant à d’éventuelles relations amoureuses...

Les mésaventures de Martin sont introduites par des didascalies générales qui donnent une idée générale de ce que le pauvre bougre va endurer. Le pire étant qu’il semble se complaire dans cet état de fait... Témoin des agissements de ses collègues obséquieux, il choisit le silence au risque de passer pour le bouc émissaire de service. Après tout, personne n’apprécie vraiment les balances... quel terrible raisonnement lorsque personne de daigne s’intéresser à votre personne...

À défaut d’éprouver de la sympathie ou même de le plaindre, le personnage finit même par dégoûter le lecteur par sa faiblesse et sa candeur. Au contraire, on serait plutôt tenté de rire et de prendre un malin plaisir à ses déboires... sauf que les déboires de Martin finissent par aller beaucoup trop loin et vont le conduire à l’irréversible. Chaque page fait que l’on s’interroge sur ce qui peut lui arriver de pire que ce qu’il vit actuellement. Jusqu’où ses calamiteuses aventures vont-elles le mener ?

On assiste au défilé d’une succession de personnages tous aussi tordus les uns que les autres qui finalement permet au lecteur de relativiser sur son propre vécu... la force de cette courte nouvelle est d’aller dans les extrêmes et c’est ce qui fonctionne et fait tout l’intérêt des écrits de Karin Slaughter. Une pointe d’ironie et d’humour noir, et le tour est joué : tout en efficacité.


 



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