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Petit guide à l'usage des gens intelligents qui ne se trouvent pas très doués, de Béatrice Milletre

Clément Solym - 20.07.2011

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30%, c’est la proportion de personnes qui utilisent préférentiellement leur cerveau droit. Reste 70 % de neurogauchers, pour qui et par qui notre système éducatif a été conçu. Aie, aie, aie ! Les neurodroitiers, autrement dit, des personnes qui utilisent principalement leur « cerveau droit » raisonnent de manière intuitive et globale, les neurogauchers « cogitent » de manière séquentielle et échelonnée. Explications.

Peut-être que votre enfant ou vous-même avaient fait les frais des remarques des enseignants dans le style « peut mieux faire, s’il veut s’en donner les moyens. » ; « ne se concentre pas en classe ! ». Et pourtant, vous n’avez aucun doute quant à votre compétence ou votre intelligence ? A fortiori de celle de votre enfant !

Béatrice Millêtre, docteur en psychologie et spécialiste en sciences cognitives, nous explique que ces enfants qui semblent manquer de concentration, être parfois hyperactifs, dispersés ou instables possèdent en réalité des qualités intuitives et analytiques. Ils sont en cela différents de la majorité des enfants qui raisonnent de façon progressive.

Différents, seulement différents.

Prendre en compte cette différence neurologique s’avère capital pour le bon épanouissement de l’enfant. Selon Béatrice Millêtre « La majorité des élèves échelonne leur réflexion. Ils lisent le sujet, déroulent le raisonnement puis en déduisent un résultat. Ils réfléchissent à une chose à la fois, privilégiant la logique, l’analyse et font davantage appel à l’hémisphère gauche de leur cerveau. L’enfant « intuitif » est au contraire ce qu’on appelle un neurodroitier. Il utilise de préférence les fonctions de son hémisphère droit. Il voit les informations dans leur globalité et son cerveau les traite à son insu…/… jusqu’à ce que la solution affleure finalement à sa conscience… »

Si l’enfant donne l’impression d’être distrait, de ne pas se concentrer sur son travail, ce n’est pas par mauvaise volonté ou paresse. Il a besoin que le cerveau « digère » les informations pour trouver la solution au problème posé. Cette particularité implique que l’enfant « réfléchisse » une information donné en se livrant à toutes activités excepté ce que les neurogauchers nomment la concentration. Jouer, regarder par la fenêtre, tripoter sa trousse… sont autant d’activités qui permettent aux neurodroitiers de mobiliser leur réflexion pour trouver les solutions recherchées.

Raisonnement séquentiel ou intuitif

Le neurogaucher sera donc un étudiant plutôt méticuleux, organisé et méthodique. Son raisonnement sera appelé rationnel, logico-mathématique ou séquentiel. Le neurodroitier dispose, lui, d’un raisonnement intuitif, global ou encore visio-spatial. Il a besoin de globaliser le sujet pour le comprendre, il possède une vision d’ensemble qui ne s’arrête que peu ou prou aux divers détails. Il synthétise les informations en parallèle les unes des autres et non pas les unes après les autres. Il trouvera les réponses demandées… il aura en revanche plus de mal à justifier le déroulé de son raisonnement qu’un neurogaucher.
A béatrice Milletre de préciser que « naturellement, les deux hémisphères fonctionnent ensemble,. Mais pour certaines tâches comme le raisonnement, la prise de décisions ou le regroupement de faits, chacun utilise préférentiellement l’un ou l’autre des hémisphères. »

Le résultat, pas la manière

Dès lors, il s’agit de comprendre comment l’on peut accompagner l’enfant neurodroitier dans sa vie tant scolaire que familiale. Il n’est bien sûr pas question de hiérarchiser un fonctionnement au dépend de l’autre. Il faut juste prendre en compte qu’un neurodroitier n’est pas de mauvaise volonté et l’aiguiller en fonction de ses spécificités. Autant de conseils utiles et concrets que Beatrice Millêtre nous prodigue dans ses ouvrages : Petit guide à l’usage des gens intelligents qui ne se trouvent pas très doués et Petit guide à l’usage des parents qui trouvent (à juste titre) que leur enfant est doué.

« Il faut expliquer à l’enfant intuitif les règle du jeu à l’école, qui, à ses yeux, ne sont pas du tout évidentes. Pour quelqu’un d’intuitif, réfléchir, c’est produire une pensée neuve, inventer quelque chose, alors qu’en classe, on attend surtout de lui qu’il mette en forme ce qu’il a appris, qu’il montre qu’il a « assimilé » ce que l’enseignant a essayé de lui transmettre. Il est là pour apprendre à être un élève, ce qui suppose de répondre aux questions du professeur, même les plus simples, sans s’imaginer qu’il y a forcément un piège ou autre chose à comprendre. »

Adapter des solutions

Parmi les pistes des solutions imaginables avec un enfant neurodroitier, il est celle de sa capacité visuelle qui lui permet de mémoriser un contenu. Dessiner, faire des croquis sont autant de moyens d’apprendre pour le neurodroitier. Un autre moyen de l’aider consiste à compliquer l’exercice. Pour un petit intuitif, « plus c’est compliqué, et plus c’est facile… l’important est d’aider l’enfant à fonctionner avec ses caractéristiques, sans l’obliger à se transformer en ce qu’il n’est pas ! »

Bref, de l’accompagner et non de tenter de le faire changer. Et à tout parent qui déplorerait ce grain de sable dans le cheminement doux et tranquille du quotidien, il peut être annoncé que « nous vivons peut être le début de l’âge d’or du cerveau droit, avec un raisonnement global particulièrement adapté au monde de technologie et d’image qui est le nôtre, où la simultanéité a supplanté le séquentiel, où l’ordinateur est devenu visuel, global et multitâche. » Autant de qualités qui sont celles des neurodroitiers.

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