Peur de vivre, Mathieu Fortunio

Clément Solym - 29.05.2009

Livre - mathieu - fortunio - peur


Dans la catégorie garçon pas de pot, Mathieu va se poser là. Celui du livre, pas l’auteur, parce que nous sommes bien avertis qu’il ne s’agit pas d’un roman - ou si peu que pas - et moins encore d’une autobiographie - quel gros mot !

 

Mathieu aime écrire des lettres : à ses proches, sa famille, ses parents, mais aussi aux garçons qui lui plaisent, lui ont plu, ou lui plairont, quand il les retrouvera. Chafik, Laurent, Kaïs et d’autres encore, tous sont ses confidents le temps d’un email ou d’une carte postale. Car Mathieu a décidé de prendre des vacances, et de monter à la capitale. Mais très vite, tout tourne mal : il se fait racheter et dépouiller de tout ce avec quoi il voyageait par d’innocents criminels.

 

De ceux à qui Mathieu a du mal à en vouloir. Il le dira dans ses lettres. Il dira bien d’autres choses d’ailleurs, à Lisa, Alban, Hakim ou Galipette. Il leur raconte ses mésaventures, sa vie de jeune garçon gay qui le vit bien et s’assume presque entièrement dans ce rôle ; il parle de la vie, de notre France, du moins, en dit quelques mots. Mathieu a un petit mot pour beaucoup de choses. Mais pour l’amour, il en a des grands.

 

Plonger dans ce livre n’a rien de facile : il faudrait être homophobe pour le détester d’entrée, et cela simplifierait la chose. Pourtant, on s’attache aux bêtises de Mathieu, à ses cabrioles et ses déboires. On s’attache un peu à lui et chacune de ses lettres s’adresse un peu à nous. Partager ses centres d’intérêt n’est évidemment pas facile, dans le cas d’un hétéro, mais on aimerait vraiment lui faire oublier sa peur de vivre, parce que de vie, il en déborde et qu’il fait même plaisir à voir.

 

Il a un style, une manière de nous raconter, entre humour et désespoir feint, qui touchent. Chacune de ses lettres est un petit moment de plaisir, sans onanisme aucun. Un renouveau bien exploité du style épistolaire qui donne une toute autre vie au livre : À savourer selon les goûts.


 

Découvrir Peur de vivre, de Mathieu Fortunio