Photographies d'un Hamburger, Lucien Cerise

Clément Solym - 07.04.2008

Livre - photographies - hamburger - Lucien


Ouais, je suis un homme de parole. Et quand M. Louis Lanher (comment ça, vous ignorez encore qui est Louis Lanher ? Insupportable idée !) qui n'est pas mon grand ami, mais pour qui j'ai un profond irrespect et un manque total d'admiration m'a dit : "Lis ce livre, il est meilleur que le le mien !", je n'avais pas besoin d'ouvrir ledit livre pour en être déjà assuré. Reste que, mon petit Louis, tu m'as demandé de le faire, et je l'ai fait.

Photographies d'un hamburger est sorti mi-2006, si mes informations sont bonnes et ma mémoire avec. C'est l'histoire de Lucien. Un paumé vivant dans le désoeuvrement d'un quartier HLM parisien, arpentant les murs d'une fac pour des études illusoires, aspirant à l'indépendance pendant que sa mère chante les louanges de l'amour à répétition dans la chambre d'à côté avec des partenaires multiples, que son frère se terre dans un mutisme vidéoludique sinistre et que sa soeur... fait des tournantes consentantes dans des caves. Mais nous y reviendrons.

La vie de Lucien est un carnage émotionnel, sa sociabilité se résumant à son pote Ahmed, bien mieux équipé pour affronter l'existence. Alors un beau jour, ou un beau soir, Ahmed va faire un geste et proposer à Lucien, qui est en passe de perdre le titre d'ami, de tirer un coup. Gratos. Dans une cave.Avec une fille consentante... Qui s'avérera être ladite soeur, susmentionnée plus haut, bien évidemment... Et grâce aux bons et loyaux services d'un policier présent qui avait infiltré le réseau et averti ses collègues (non sans avoir tiré également sa crampe), Lucien va se retrouver en prison.

Je déroge pas trop, là, hein Louis ?

Bon. En parallèle de cette sordide, mais presque banale histoire se déroule la vie de Barbara, Mustapha. L'une est dirigeante d'un syndicat nommé les hystérocrates, bande de féministes décidées à combattre le Phallus phallocratique. L'autre est un riche milliardaire, disposant d'un harem, mais comme aurait pu le dire Proust, il lui désire le seul vagin qu'il ne peut pas avoir. Et par conséquent, décrète qu'il va foutre en l'air l'organisation hystérocratique de Barbara.

Tout le monde est encore là ? Bien.

Photographies m'a posé un sérieux problème. D'abord parce que je n'aime pas dire du mal des gens, après les avoir rencontrés. Ensuite, parce que l'auteur m'a été sympathique, qu'on s'est serré la paluche lors de la nocturne du Salon du livre et que Louis l'aime bien, alors bon... Je n'ai quasiment pas décroché de Photographies : les pages s'enchaînaient toutes seules, passant de l'une à l'autre sans que j'en saute, ni ne puisse freiner ma course. Sauf que c'est avec une certaine consternation que j'ai lu.

Outre un texte presque blanc de style et creux de fond, l'histoire tourne sur elle-même comme une toupie, sans en provoquer l'enfantine féerie. On dévore, en attendant, en guettant l'élément fort qui va donner au texte tout son relief, sa majesté presque. Mais en vain. Attention, ce n'est pas un livre nul du tout. Simplement, il est vidé de sa force, à l'image de son héros.

Désolé, hein, mais voilà, alors que le premier chapitre donne un ton et une saveur pas loin du captivants, la suite s'enfonce de miasmes en marasmes et de Charybde en Scylla, pour déboucher sur une explication crypto-phallocratique du 11 septembre. Bref, mon petit Louis, je suis navré mais ce livre, depuis le petit tabouret où je suis assis, pour donner mon trèshumble avis, ben il n'est pas grandiose. Ni bon, ni vraiment mauvais. Juste fade...