Plein les poches : Ad libitum, un poco forte

Victor De Sepausy - 19.07.2018

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Après des mois de sélections méthodiques et passionnées, voici venu le temps de se faire plaisir. Une sélection juste pour parler de soi, afficher des goûts, des préférences et partager des instants de plaisir. Et il n’y a rien de mieux que de puiser à de multiples sources pour se sentir épanoui, voici un peu de diversité.

 

Cette semaine, dans Plein les poches, c’est ad libitum. 


Plein les poches ad libitum
ActuaLitté, CC BY SA 



Cette semaine, pas envie de choisir, plutôt de mettre en avant des livres qui attirent l’œil, l’esprit, retiennent l’attention pour un détail, quelque chose de personnel. À commencer par cette auteure connue pour ses récits de science-fiction autant que de fantasy, Ursula K. Le Guin. Ses Cycles de Terremer ou de l’Ekumen sont des splendeurs.

 

Alors, l’entendre théoriser sa pratique, à travers les sujets qui la passionnent, c’est une occasion précieuse. Le langage de la nuit, et il n’y a pas de meilleure manière de le présenter, est un « manifeste pour l’imaginaire ». Authentique, puissant, et qui lui offre de passer en revue les sujets qu’elle affectionne. 

 

« Quoi que je fasse, il se trouve des gens pour dire qu’un jour je décamperai, je quitterai la science-fiction et me lancerai avec passion dans l’écriture de romans traditionnels. Je n’en vois pas trop l’intérêt. Les limites et les grands espaces de la fantasy et de la science-fiction donnent à mon imagination exactement l’aliment dont elle a besoin. L’espace interstellaire, et les Pays intérieurs, sont encore, et resteront toujours ma patrie. » Magique, non ?


 

Les communistes ne mangent plus les enfants depuis bien longtemps. En réalité, ce sont les enfants qui ont dévoré les communistes. Dans cette Bulgarie des années 80, l’utopie a laissé place à la déconfiture, et le post-communisme fait peine à voir. Avoir 7 ans, à cette époque, impliquait de vivre avec comme figure culturelle, symbole de réussite, le cosmonaute Iouri Gagarine, premier homme à avoir volé dans l’espace.

 

Sauf que bon... les étoiles, quand on découvre MTV, elles s’appellent plus facilement David Bowie ou Kurt Kobain. Et le rêve de l’enfance laisse alors place à une réalité plus dure : dans les rues de Sofia, on voit des criminels, des pauvres, la pénurie, et les élites qui semblent bien éloignées de ce que le peuple vit. 

 

Le communisme s’effondre, les Américains ont marché sur la Lune et Barbie a remplacé les matriochkas. Le Mur de Berlin va s’effondrer lui aussi. D’ailleurs, pas sûr que Iouri Gagarine n’ait pas été « kidnappé par des extraterrestres ». Alors que Kurt, définitivement, semble éternel. Drôle, tendre, caustique, Les cosmonautes ne font que passer était un premier roman. Il n’en demeure pas moins un excellent roman.

 

On prête souvent à l’été d’être propice à la lecture de polars – comme si ces histoires de malfrats, de crimes, d’enquêtes, dont les séries nous abreuvent, devaient trouver un relais dans les livres. Et ce, à une période où l’on est peut-être simplement plus enclin à lire ? Ou sont-ce les auteurs qui aimeraient l’écrire, ce thriller qui captera l’attention ?

 

Le polar de l’été ressemble à l’El Dorado, ou au Graal : on le convoite, se met en quête, sans jamais ne serait-ce que l’approcher. Notre narrateur, en vacances, est auteur lui-même, de polars, même si cela ne fait pas rêver. Ni manger. Et il cherche cette inspiration qui lui ferait écrire un best-seller, histoire de vivre avec un peu d’argent. En écrivant. 

 

Mais sa mère se fait mal après une chute, et le voici parti, quittant la Corse, pour la soutenir dans un village non loin de Saint-Etienne. Avec assez de temps pour méditer sur le rôle de l’auteur, son statut un peu bordélique dans notre société. Un peu acide, un peu désabusé, un peu humoristique, aussi. Or, en guise de polar, c’est plutôt Bouvard et Pécuchet qui se trame.

 

Cette improbable sélection n’avait pas d’alternative que de s’achever sur un pied de nez. Et en la matière, les meilleures histoires sont celles des Pieds nickelés que Louis Forton publia voilà 110 ans. La recette est simple : prendre trois incompétents en général, mais de bonne volonté en particulier, et les lancer, bille en tête, dans une aventure qui va largement les dépasser...

 

Jules, Virgil et Nico vivent ensemble. Une colocation avec un téléphone commun. Celui que Jules décroche. Et qui va le conduire à s’affirmer détective privé. Et accepter une enquête. Sauf qu’aucun de ces trois lascars n’a la moindre compétence, appétence, ni même affinité avec le métier. 

 

Et voici comment d’un adultère banal, Les bras cassés se retrouvent entourés de cadavres, confrontés à un enlèvement, tout ça pour prouver à une femme que son mari la trompe. Fallait-il en passer par des mafieux croates ? Des Gitans flippants ? Des pirates informatiques ? Cette enquête menée par des rois de la glande, option loosers magnifiques mérite toute votre attention. Absolument toute. 


 

Elitza Gueorguieva – Les cosmonautes ne font que passer – Folio – 9782072765025 – 6,60 €

Yann Le Poulichet – Les bras cassés – Points – 9782757871157 – 7 €

Luc Chomarat — Le polar de l'été – Points – 9782757870679 – 6,50 €

Ursula K. Le Guin ; Martin Winckler (Préfacier) ; Francis Guévremont (Traducteur) – Le langage de la nuit – Le livre de poche – 9782253083528 – 7,20 €
 

 


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