Plein les Poches : Au royaume de la mode, les hipsters sont rois !

Victor De Sepausy - 31.10.2017

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Pierre Reverdy l’avait assuré avec panache : « Il n’y a qu’une chose qui se démode : la mode, et c’est la mode qui emporte le succès. » Parlons donc de modes, de tendances et de goût, avec une sélection de lectures et de nouveautés, à petit prix. 

 



 

 

Souveraine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande, ce n’est pas nécessairement la Reine Victoria que l’on attendrait pour ouvrir le grand bal de la mode. Pourtant, l’époque victorienne est bien celle de changements sociétaux profonds. Le style victorien – 60 années de règne, tout de même – toucha la littérature, les arts décoratifs, autant que les arts visuels... mais également les vêtements. 

 

La biographie qu’en présente Philippe Chassaigne détaille l’ensemble de ces mutations que l’Empire britannique a pu connaître – n’oublions pas que les évolutions industrielles, premières durant cette ère victorienne, apportèrent notamment... une simplification de la fabrication de vêtements, avec l’avènement de la machine à coudre. 

 

On n’en parle pas assez !

 

 

Machine à coudre ou non, le Goût de la mode réunit des textes d’auteurs classiques, des couturiers autant que des personnalités du monde des lettres. Un regard hétéroclite sur les tissus, la dentelle et les fashion victims – il y en eut de tout temps... 

 

Pour mémoire, Montesquieu racontait dans ses lettres persanes qu’une femme qui a passé six mois loin de Paris, à la campagne, revient à la capitale totalement démodée. Ah, Paris... Des textes plaisants, légers, sérieux ou bruissants : de quoi mettre un peu en perspective toutes ces questions.

 

 

Fashion ou non, les Hipsters de Norman Mailer ont en ce XXIe siècle une saveur toute particulière. Si le terme est revenu au goût du jour (on n’osera pas dire à la mode), il faut se souvenir qu’il existait déjà dans les années 50 aux États-Unis. En effet, les premiers hipsters blancs, se sont en réalité approprié les codes culturels et les recherches existentialistes de la condition noire. 

 

Si fait : Norman Mailer, dans ce texte inédit, nous montre combien le hipster reste une créature contemporaine. Selon l’auteur, il a pour « objectif principal de rester à l’écart d’une société qui, selon lui, essaie de faire en sorte que tout le monde soit à son image ». Avec ou sans barbe, l’auteur lauréat de deux prix Pulitzer est toujours aussi mordant.

 

 

Du mordant, Loïc Prigent n’en manque pas : créature du monde de la mode, auteur de documentaires, et homme aux oreilles bien pendues, il a recueilli durant des mois d’un travail acharné d’improbables perles lâchées ici ou là...

 

L’éditeur prolonge même le plaisir de ces aphorismes parfois grotesques, saugrenus ou tout simplement étranges. « Ce soir je sors, j’aurais des problèmes de vodka et de jolies filles. » Mesquinerie, réflexions totalement déplacées ou hors de propos, on y retrouve le pire et le meilleur.

Comble : l'éditeur propose de petits autocollants à disposer un peu partout... de quoi décorer son bureau, ou celui des voisins qui, dans l'open space, n'ont aucun goût !

 


 

Collectif – Le goût de la mode – Mercure de France – 9782715244887 – 7,60 €

Philippe Chassaigne – La Reine Victoria – Editions Gallimard/Folio – 9782070457373 – 9,80 €

Norman Mailer, trad. Bruno Blum – Hipsters – Le Castor astral – 9791027801220 – 9,90 €

Loic Prigent – J’adore la mode, mais c’est tout ce que je déteste – Editions Points – 9782757866184 – 6,90 €
 


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