Plein les poches : femmes, hommes, modes et démodes d'emploi

Victor De Sepausy - 07.06.2018

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Ah l’amour... célébré depuis le développement des romans de chevalerie, et porté aux nues par les Romantiques, quoi de plus épuisant qu’une relation ? Et pourtant, qui ne troquerait pas trois barils de lessive liquide en dosettes contre un battement de cœur passionné ? Hein ? 

 

Cette semaine, dans Plein les poches, on parle de couple, d’amour et de choses parfois tristes...

 
hommes et femmes
ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

 

 

Un couple splendide, probablement de ceux que l’on jalouse, tant leur réussite éclate au grand jour. Ils sont amoureux, tendres et durant toutes ces années, ont eu trois enfants – splendides, cela va sans dire. Un couple de quarantenaires comme on rêve de le devenir. 

 

Tout est pour le mieux, évidemment, mais Yanis travaille avec Luc, son beau-frère. Et soudainement, les affaires empiètent sur la vie privée, sur la vie de famille. Surgit alors Tristan, qui va financer le projet de Yanis, et ce dernier décidera de se mettre à son compte. J’ai toujours cette petite musique dans la tête d’Agnès Martin-Lugand, c’est un drame paisible, qui va se dérouler tout aussi tranquillement qu’implacablement. Terrible.

 

 

Long Island, dans tout imaginaire littéraire, cela rime avec Gatsby le Magnifique. Nous sommes pourtant au début des années 70, bien après l’époque faste. La guerre du Vietnam en toile de fond, et comme trame dramatique : la mort, cela change un homme. Voire le détruire, et emporter avec lui son entourage, ses proches.

 

Katie avait rencontré Luke, amoureuse secrètement. Pourtant, à son retour, ce dernier vit l’échec de la guerre comme de nombreux autres Américains : l’échec de toute une patrie. Les voyages entre le passé et le présent tissent une ambiance lourde, et pourtant riche en émotions. Si j’avais su que tu deviendrais si belle, je ne t’aurais jamais laissée partir : quoi de pire, les regrets ou les remords ?

 

 

Même époque, autre territoire, tout autre : le Texas, dans les années 70, c’est une plaie. Si, si. On y rêve doucement de devenir rock star pour découvrir le monde, la vie, les plaisirs – sexe, drogues, etc. Abel vient pour sa part de se rendre compte qu’il avait raté sa vie, que sa vocation n’aboutirait jamais à rien. Que faire ? Se ressourcer, dans le désert : départ immédiat dans un corbillard où se trouve le cadre de son guitariste.

 

La suite ? Elle prend place après la mort de la petite amie d’Abel, un quart de siècle plus tard. Et promet d’être tout aussi barrée que le début du scénario. Les gens sérieux ne se marient pas à Vegas, c’est certain : les gens sérieux (trop sérieux, en tout cas) ne liront pas ce livre. Ils ne sont pas dignes de la folie douce de Serugei Dounovetz !


 

Entre Israël et Palestine, aucun dialogue possible. D’ailleurs Liat, étudiante et 'Hilmi, peintre, ne pourront pas vivre cette histoire magique, à laquelle on aurait aimé les promettre. Ils vivent tous deux à New York, elle en coup de vent, lui depuis quelques années. La vie est parfois désarmante... Car tous deux se trouveront, et, loin des obstacles qui opposent leurs peuples, vont s’aimer.

 

Sous la même étoile fait parfois mal : comme s’il suffisait de quitter un territoire de haines et de conflits pour enfin trouver la paix. Au moins provisoirement. Car la réalité, sale et souveraine, revient toujours avec la force des bombes. « Nos langues sont sœurs, mais notre éducation et nos médias mettent les Palestiniens dans le même sac. Nous les voyons tous comme des terroristes, et eux nous voient tous comme des soldats en armes. Or nous avons beaucoup en commun » , écrit Dorit Rabinyan. Limpide. 

 

 

Cher Bruno, nous avons lu avec attention votre ouvrage, Seulement si tu en as envie. Qu’en dire ? Que votre mépris vis-à-vis des femmes est tel que vous avez choisi de conter la vie de cette pauvre Camille, abandonnée par son époux, sa famille, sa fille, bref, délaissée de toutes parts. Et comme si cela ne suffisait pas, vous jouez la carte de l’amour d’adolescence, celui que l’on n’oublie jamais vraiment, et qui, s’il repointe le bout de son nez, nous emporte dans un tourbillon d’émotions...

 

Bruno, vous êtes un monstre. Et un des pires qui soient. On ne vous trouvera pour circonstances atténuantes que la tendresse déployée, l’attention méticuleuse à réunir deux êtres dans un monde de merde – n’ayons pas peur des mots. Et plus encore, cet élan d’amour qui nous prend quand, votre ouvrage achevé, on se dit qu’on veut vivre la même chose...
 

[Ndlr : Bruno Combes a contacté ActuaLitté, ému de la manière dont nous avions tourné cette chronique. La rédaction assure donc qu'il s'agit d'une lecture au second degré, et que le texte est antiphrastique.]

 

 

Bruno Combes – Seulement si tu en as envie... – J’ai Lu – 9782290137260 – 6,90 €

Dorit Rabinyan, trad. Laurent Cohen – Sous la même étoile – Pocket – 9782266279963 – 7,90 €

Serguei Dounovetz – Les gens sérieux ne se marient pas à Vegas – French Pulp Editions – 9791025102992 – 8,50 €

Judy Chicurel, trad. Sarah Tardy – Si j'avais su que tu deviendrais si belle, je ne t'aurais jamais laissée partir – 10/18 – 9782264072146 – 8,10 €

Agnès Martin-Lugand – J'ai toujours cette musique dans la tête – Pocket – 9782266282888 – 7,50 €

 

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