Plein les poches : nostalgies de la rentrée littéraire, l'autre

Victor De Sepausy - 18.10.2018

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La rentrée littéraire 2018 est riche, celle de 2017 ne l’était pas moins. En plongeant dans les parutions poche de ces dernières semaines, on retrouve ces auteurs qui nous ont fait vibrer l’an passé. Une édition spéciale, pour la reprise de Plein les poches, où l’on renoue avec les romans d’un temps pas si lointain...

 

Cette semaine, dans plein les poches, c’est nostalgie littéraire.
 

Plein les poches
ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

 

C’est dans une atmosphère d’oppression que se place Captive, en cette fin de XIXe siècle. Une femme, accusée et reconnue coupable d’un double meurtre, se retrouve condamnée à une peine de prison à vie. Mais est-elle réellement coupable ? Elle-même ne se souvient de rien : comment blâmer une adolescente, âgée de 16 ans, quand elle n’est pas en mesure de se défendre ?

 

Inspiré d’un fait divers survenu au Canada, le roman flirte entre mensonge et vérité, pour perdre le lecteur jusqu’aux ultimes instants. Aidée par un médecin convaincu que l’affaire a été traitée avec légèreté, Grace va replonger, et nous avec elle, dans une enfance qui part de l’Irlande pour aboutir au Nouveau Monde. Aujourd’hui adapté en série, Captive reste un chef-d’œuvre du genre. 

 

 

Autre époque, autres mœurs, et pourtant Philippe Jaenada se penche lui aussi sur un destin brisé. Henri Girard, connu sous le nom de Georges Arnaud, est l’auteur du roman Le salaire de la peur. Si le film a marqué durablement les esprits, l’auteur de ce livre est des plus complexes. 

 

Personnalité puissante, qui connut mille métiers ou peu s’en faut, il cache dans son passé un souvenir douloureux. La serpe, c’est l’histoire d’un triple meurtre – décidément ! – dont le principal accusé sortira finalement blanchi. Loin d’une reconstitution historique, c’est un monde de psychologie qui se déploie. Et à chacun de faire ses choix...

 

 

Elles sont désormais protégées, reconnues d’utilité publique, alors même que, depuis des siècles, elles travaillaient en bonne intelligence avec l’humanité. Insecte pollinisateur, l’abeille est l’héroïne du livre de Maja Lunde. Pourtant, c’est en Angleterre, en 1852 que l’on prend pied dans l’histoire, avec une biologiste père de huit enfants, qui se décide à construire une ruche.

 

Et puis, l’on navigue, en 2007 dans l’Ohio : un jeune homme devenu végétarien décide de lutter contre l’industrialisation et le traitement réservé aux abeilles. Puis, en Chine, en 2093 : cette fois, les abeilles ont disparu, et l’alimentation devenue rationnée s’en ressent. Une histoire des abeilles, c’est toute la complexité du monde qui se dessine ici, dans ses interactions les plus infimes. Celles que l’on devrait pourtant préserver à tout prix.

 

 

Retour dans le passé, également avec Nos richesses : dans l’Algérie de 1935, un jeune garçon nourrit le rêve insensé de devenir éditeur, d’ouvrir sa propre maison, publier ses propres auteurs. Edmond Charlot découvre Albert Camus, Jean Giono lui fournira un nom pour cette entreprise folle. Et même Saint-Exupéry figure dans les grandes lectures.

 

Quatre-vingts ans plus tard, l’établissement doit fermer et l’on recrute un certain Ryad pour venir à bout de cette réalisation d’une vie. Changer les livres par des beignets, voilà bien une triste idée. Surtout que, dans les archives, demeure la trace des plus grands qui sont passés, physiquement ou non, dans ces lieux. Sensible et touchante, cette histoire de l’Algérie, loin des sentiers battus, mérite une attention toute particulière.

 

 

Avec Thomas Vinau, c’est l’étrange étrangeté que l’on découvre. Le XXe siècle vient tout juste de sonner ses premières heures, et Georges Clémenceau instaure les Brigades du Tigre. Cette année 1907 verra l’arrestation de dizaines de bandits de grand chemin, qui terrorisaient les campagnes françaises.

 

En trame de fond pour Le camp des autres, la vie de Gaspard, enfant fugueur, qui marche dans cette nouvelle époque, dans une modernité inédite. Une galerie de personnages hauts en couleur, une tendresse qui ne manque pas d’émouvoir : voici un roman historique, qui en devient fulgurant. 111 ans nous séparent désormais d’une époque. Presque un autre temps.

 

 

 

Margaret Atwood, trad. (anglais) Michèle Albaret Maatsch – Captive (édition spéciale) – 10 - 18 – 9782264073846 – 10 €

Philippe Jaenada – La serpe (Prix Femina 2017) – Points – 9782757870617 – 8,90 €

Maja Lunde, trad. (norvégien) Loup-Maëlle Besançon – Une histoire des abeilles – Pocket – 9782266284356 – 8,10 €

Thomas Vinau – Le camp des autres – 10-18 – 9782264072672 – 7,10 €

Kaouther Adimi – Nos richesses (Prix Renaudot des lycéens) – Points – 9782757871652 – 6,60 €


 

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