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Pleurer, c'est pour les riches ; rêver, est-ce pour tout le monde?

Auteur invité - 16.12.2019

Livre - femmes occupées - Samira El Ayachi - rêver monde


ROMAN FRANCOPHONE - Ça commence comme un lamento. Une femme est quittée par son compagnon. Leur fils en bas âge sur les bras, elle se heurte de plein fouet à la réalité du statut de mère célibataire.
 
 
En permanence occupée, au sens d’assiégée, envahie par les contraintes extérieures, cernée par les diktats et pressions de la société, « seule, sale, finie ». Il faut gérer l’enfant, le ménage, les courses, une thèse à finir, une pièce de théâtre à monter, une machine à lancer. Elle n’a « pas beaucoup de patience. Pas beaucoup de sommeil. Pas beaucoup de rien », et surtout pas le luxe de pleurer.
 
Car pleurer, c’est pour les riches, assène d’emblée Samira El Ayachi. Les femmes riches. « Les autres se retirent sur la pointe des pieds en riant doucement, et en s’excusant. »
 
On est loin du féminisme mordant d’une Virginie Despentes, façon King Kong Théorie. Avec Les femmes sont occupées, Samira El Ayachi fait de la mère célibataire (pauvre donc) une victime de la lutte des classes.
 
Si c’est une réalité économique — une femme sur cinq en France est mère célibataire et en première ligne de la précarité —, on peut reprocher à l’auteur de choisir un peu facilement ce miroir grossissant d’une situation qui touche in fine beaucoup (la plupart ?) des mères actives.
 
On la suit plutôt quand elle dénonce une insidieuse violence des institutions et des hommes qui renvoient sans cesse la femme à la sphère intime et ne valorisent pas encore assez sa place dans la société civile.
 
On rit des petites saynètes bien campées qui entrecoupent un récit anonyme à la 2e personne, suggérant une lecture jouée qui pourrait incarner ce récit militant s’achevant par une lueur d’espoir.
 
La vie, la belle, la douce, finit toujours par s’incruster et c’est dans une bienveillante sororité qu’on finit par « fomenter de nouveaux rêves ».
 
Marie-Laure Fréchet
 


Samira El Ayachi - Les femmes sont occupées - Editions de l'Aube - 9782815934459 - 20 €


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Editeur : Editions De L'Aube
Genre : littérature
Total pages : 176
Traducteur :
ISBN : 9782815934459

Les femmes sont occupées

de Samira EL AYACHI

Elle doit monter une pièce de théâtre. Finir sa thèse. Lancer une machine. Régler des comptes ancestraux avec les pères et les patrons. Faire la révolution – tout en changeant la couche de Petit Chose. Au passage, casser la figure à Maman Ourse et tordre le cou à la famille idéale. Réussir les gâteaux d'anniversaire. Retrouver la Dame de secours. Croire à nouveau en l'Autre ? Comme toutes les femmes contemporaines, la narratrice de ce roman est très occupée. Découvrant sur le tas sa nouvelle condition de « maman solo », elle jongle avec sa solitude sociale, sa solitude existentielle, et s’interroge sur les liens invisibles entre batailles intimes et batailles collectives. Résolument féministe et humaniste, un roman à la langue inventive et teintée d’humour tendre. Samira El Ayachi est romancière et auteure pour le spectacle vivant. Elle vit et écrit à Lille.

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